PROCNIAS VARIEGATA— Xîk
vuLa. CAFUCIN OU CAMPANERO.
jProcnias variegata — Lin. — Gray, p. 280, n^ 1. Chasmorhynchus variegatus — Lin. — Pr. Bonap., p. 178,
vfi 1.
Cottinga averano — Ampelis variegata — ^Vieil.
Longueur totale 255 mil.
— du pH de Taîle 161
— du tarse ' , 27
— du doigt médian , 25
— de la queue 68
— du bec 22
Du brun tirant sur le roux couvre le dessus de la tête, les joues et le haut de la nuque où il s'arrête en s'ar^ rondissant. Du noir dessine un trait entre le bec et Pœil ; il entoure la commissure du bec et se répand sur la peau de la gorge et d'une partie du devant du cou ; Pépiderme de cette peau qui est dépourvue de plumes, s'allonge en longs filaments nombreux, plats et étroits qui forment à l'oiseau une espèce de barbe ; c'est là son trait caractéristique. Tout le reste du plumage, à part les aîles, d'un blanc légèrement cendré.
Rémiges et toutes leurs couvertures d'un beau noir.
Pattes, bec, iris noirs.
La femelle a toutes les parties supérieures d'un vert sombre, surtout au centre des plumes où il se mêle un peu de brun.
La goi^e et le devant du cou sont garnis de plumes ; elles sont blanches le long de la tige et d'un brun un
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peu verdâtre sur les bords. Le reste des parties infê*
rîeures, à part le ventre, présente des taches brunes,
allongées, se détachant confusément d'un fond jaune
yerdâtre ;. quelques plumes ont un peu de blanc le long
de leur tige. Le ventre est d'un blanc jaunâtre ainsi
que les jambes.
Rémiges brunes en dedans avec un peu de blanc vers
le bord, et vertes en dehors. Couvertures supérieures
de cette dernière couleur ; inférieures d'un jaune assez
clair.
Rectricesd'un brun verdâtre. Couvertures supérieures
de la couleur du croupion ; inférieures d'un blanc jaunâtre.
Le jeune mâle ressemble h la femelle ; excepté du côté de la tête dont tout le dessus est d'un brun foncé.
Quand on parcourt nos forêts, il est rare de ne pas entendre le campanero ; et le voyageur absorbé par les réflexions que suscitent, d'ordinaire, ces solitudes aussi grandioses qu'immenses, ne peut qu'être enlevé à ses rêveries par une voix qui a quelque chose de remai> quable, et qui, soudain, vient rompre le grand silence de la nature végétative. C'est ime seule note ; l'oiseau la donne et se tait pour un moment ; mais quelquefois, il la répète plusieurs fois avant de s'arrêter. Elle produit un son plein de force et de rondeur, mais dont le timbre, cependant, est un peu voilé ; aussi l'a-t-on comparé à celui d'une cloche fêlée. Aussitôt qu'on entend cette voix, on est porté immédiatement à chercher à découvrir l'oiseau qui l'émet ; on s'approche de l'endroit d'où elle part; on écoute de nouveau et le son vient d'un autre point. Pourtant l'oiseau n'a pas changé de place ; mais comme il est toujours perché au
plus haut de Farbre, sa voix n'est point retenue par la voût€ que forme le feuillage ; elle retentit au loin et n'est répercutée que par les accidents du terrain ; l'écho change suivant la direction que l'on prend et c'est à grand'peine qu'on parvient à se mettre à l'abri de toute illusion.
Le plus souvent, le campanero est seul, et quand, alors, il fait entendre sa voix, c'est sans doute pour exhaler son amour et appeler sa compagne. Mais quelquefois, il y a beaucoup de ces oiseaux réunis dans le même endroit, et du sommet d'une foule d'arbres, partent leurs cris qui semblent indiquer la crainte ou l'étonnement de voir l'homme parcourir leur sauvage retraite. Ces sons qui paraissent vous suivre, sont privés de toute mélodie et de toute harmonie ; ils ne sont point touchants comme la douce mélancolie qu'inspirait le silence qu'ils viennent de troubler ; ils produisent un véritable vacarme qu'on entend cependant avec plaisir; on échappe ainsi à la monotonie de nos forêts, monotonie qui ne tarde pas à produire l'indifférence et la tristesse, ces deux impressions qui sont si près de l'admiration et de la mélancolie longtemps ressenties.
A cause de la barbe que porte cet oiseau, les français l'ont comparé à un capucin; à cause de sa voix, les espagnols l'ont nommé campanero (sonneur de cloche). Il se nourrit de baies. Il n'approche jamais des endroits habités.