CATHARTES TŒTENS— i
vuLO. CORBEAU,
Cathartes fietens — Hl. — Gray, p. 4, n® 1. Cathartes brasiliensis — Ray. Br. — Pr. Bonap., p. 9. n^ 3 Fw/ft/ry^fo— Bonap.— Wilson, 3n»e vol. p. 236. GaUinaze urubu — Catharista urulu — ^Vieillot.
Longueur totale 565 mil.
— du pli de l'aîle 412
— du tarse 65
— du doigt médian 71
— de la queue 173
— du bor 60
Tout le plumage d'un noir terne. Les cinq premières rémiges ont la tige tout-à-fait blanche et la barbe interne presque blanche. La tête et une partie du cou sont dénuées de plmnes ; ces parties sont noires et garnies de quelques poils raides ; elles présentent des plis qui courent transversalement.
Bec noir; narines longitudinales. Iris noir. Pattes noirâtres. La femelle ressemble au mâle.
Le jeune encore au nid est couvert d'un duvet blanc roussâtre ; au sortir du nid il a le plumage de l'adulte mais il n'a que la tête dégarnie de plumes.
Ce catharte est très-commxm ici. On peut le rencontrer dans les campagnes même éloignées; mais son principal habitat est la ville ; ce qui est loin d'être un agrément pour les habitants ; car il répand une odeur qui rappelle celle du castoréum mais encore plus repoussante ; sa fiente surtout a ce triste privilège d'impressionner désagréablement l'odorat. Aussi s'aperçoiton fecilement qu'on approche d'un arbre où, chaque soir, il établit son gîte pour y passer la nuit en commim. Ceci arrive même au milieu de nos promenades et c'est à grand'peine qu'on parvient à s'en débarrasser. On ne cherche point pourtant à lui faire du mal ; aussi sa familiarité est telle que s'il se trouve au milieu de la rue, il ne s'envole point à votre approche ; il ne fait que s'éloigner de quelques pas pour vous laisser passer.
Son plumage comme son port n'ont rien de récréatif pour la vue. Le noir qu'il porte n'a point de ces reflets qui pourraient relever ce qu'il y a de sombre dans une telle robe. Ses mouvements privés de toutes grâces annoncent de la trivialité ; sa colère même ne trouve pour s'exhaler qu'une sorte de ronflement qui tient de
la stupidité ; aussi ses luttes où manque toute espëce d'énergie portent le cachet de la faiblesse ; et ce ne sont ni les contusions ni les blessures qui mettent fin au combat c'est plutôt la fatigue de mouvements aussi ridicules qu'innocents. Même dans ses ébats amoureux il laisse percer les tristes caractères qu'il décèle en tout ; il est muet, il est maladroit, il prélude bêtement et n'arrive qu'à grand'peine à accomplir cet acte d'ordinaire si prompt chez presque tous les oiseaux.
Pour faire sa ponte, il s'éloigne de la ville. H choisit ordinairement les trous que la vétusté creuse dans le tronc des arbres ; il y dépose ses œufs pour les quels il n'a assemblé que quelques bûchettes et quelques feuilles qu'il a disposées d'une manière aussi peu artistique que possible. Quelques uns se fiant sur l'hospitalité qui leur est accordée choisissent \m tonneau sous un hangar ou une chambre abandonnée et trouvent plus commode d'y faire leur ponte que d'abandonner la ville; mais c'est là l'exception.
Les charognes constituent la principale nourriture de ces vautours. Cependant ils ne dédaignent ni la viande fi^aîche ni même la proie vivante. Qu'un morceau de bœuf fi^is se trouve à leur portée ils ne manqueront jamais de l'emporter et telle est leur hardiesse à commettre de semblables méfaits que nos cuisinières savent fort bien qu'il faut se méfier de leur présence. S'ils découvrent un animal qu'une blessure ou la maladie force à rester couché ils arrivent près de lui, l'entourent, l'examinent, s'approchent et se hasardent enfin à lui piquer les yeux ; le moindre mouvement du malheureux patient les fait fiiir immédiatement, mais ils reviennent bientôt à la charge et ne se rebutent jamais ; aussi combien d'animaux sont ainsi achevés par ces
Vautours ! Même les petits poulets excitent quelquefois leur convoitise ; mais la poule défend ses poussins et il ne lui en coûte pas beaucoup pour faire fuir de si lâches ravisseurs ; aussi de pareilles victimes sont-elles assez rares. On prétend qu'ils dédaignent le cadavre de l'un des leurs ; mais maintes fois je les ai vus dépeçant une semblable proie.
' Us se servent Êiiblement de leurs pattes et de leurs serres pour retenir la proie qu'ils dépècent ; aussi seraient-ils souvent embarrassés quand cette proie est résistante et de peu de volume, s'ils n'étaient généralement, plusieurs occupés à une semblable besogne; chacun, alors, devient un aide en tiraillant de son côté.
Le nombre de ces oiseaux est considérable. Le faîte de quelques uns de nos toits en est quelquefois garni. Dans les rues ils se promènent tranquillement et les moindres immondices qu'on y jette les attirent immédiatement en foule. Aussi les espagnols peu soucieux de la propreté de leurs villes ont toujours considéré comme un bénéfice la présence des cathartes et même les lois locales empêchent de les tuer. Triste législation qui, certainement, ne plaide pas en faveur de l'administration qui l'a établie et de celle, surtout qui continue à y obéir.
Comme tout vautour, ils ont l'odorat aussi fin que leur vue est perçante. Je ne rappellerai pas ce qui a été dit de la bataille de Pharsale à propos des vautours en général ; mais je dirai qu'à la suite d'un assassinat commis ici dans \m quartier éloigné, le lieu où gisait le cadavre fut indiqué par la nuée de cathartes qui s'y portaient.
Us ont le vol facile et puissant ; aussi peuvent-ils se
maintenir longtemps dans l'air et y arriver même à une si grande hauteur qu'ils échappent à la vue. Quelquefois réunis en troupe ils s'élancent dans l'espace et y tournoient en s'entrecroisant de toutes manières et en s'élevant toujours ; arrivés à une certaine hauteur, ils se dispersent, puis regagnent la terre. C'est ordinairement au moment qui précède la pluie qu'a lieu un semblable manège que rien ne peut expliquer.
Quelquefois, le matin, ils se baignent en troupe, et au sortir de l'eau ils tournent le dos au soleil, étendent les aîles et laissent sécher leuri? plimies. Us se gênent si peu pour le choix de leur bain que quelquefois ils viennent profiter de l'eau de la fontaine qui orne notre principale place publique. Quand la pluie les a mouillés ils se sèchent encore au soleil et de la même manière.
D'après M. Gosse (Bîrds of Jamaïca — p. 8) on pense à la Jamaïque généralement que le catharfes aura dirige assez souvent ses attaques amoureuses contre les dindes noires. Ici plusieurs personnes dignes de foi m'ont assuré avoir assisté en pleine rue et en plein jour à une scène de ce genre; mais les rôles étaient renversés; c'était im dindon qui s'adressait à im catharte (cathartes fœtens) et celui-ci, loin de s'envoler a souffert les approches du dindon.
Tout repoussants que soient ces oiseaux, ils semblent cependant vouloir intéresser par les tendres soins qu'ils prodiguent à leurs petits même déjà hors du nid. J'en ai vu im perché sur im toit, qui avait étendu xme de ses ailes pour abriter son petit de la pluie. Mais c'est trop peu de chose pour faire oublier leur apparence et surtout leur odeur. Aussi bienheureuses les localités qui ne les possèdent point.
FALCONIDŒ.
S. F. BUTEONINŒ, a. BVTEO — Cuvter.