DIPLOPTERUS NŒVIUS— i
vuLQ. TRINITÉ (QUATRE AILES,
Diphpteruè nœvius — Lin. — Gray, p. 456, n** 3. IHplopterus ntBvius — Lin. — Pr. Bonap., p. 109, n^ 1. Coidicou brun varié de roux — Coccyzus nœvius — ^Vieil.
Le N(eviu8 n'est point ime espèce, mais le jeune âge du Diplopterus chochi — ^Vieil. — Gray, p. 456, dP 4. Diplopterm gaUritus — ^111. — Pr. Bonap., p. 110, n® 5. Coulicou chochi — Coccysus chochi — ^Vieil.
Longueur totale 275 mil.
— du pli de Taîle 98
— du tarse 22
— du doigt interne 24
— de la queue 142
— du bec 16
344 PABTDS
Dessus de la tête garni d'une huppe dont les plumes sont noires au centre et rousses sur les bords. Toutes les autres parties supérieures sont recouvertes de plumes présentant le long de la tige une grande tache noire entourée de gris roussâtre. Un trait blanc commence audessus de Fœil et arrive jusqu'à l'occîput en s'élaigîssant beaucoup. Au-dessous de l'œil et en arrière, se voit une tache roussâtre qui se dirige vers la nuque et qu'entourent incomplètement deux traits noirs assez mal tracés.
Parties inférieiures blanches. Ce blanc prend une légère teinte rousse sur le devant du cou et sur ses côtés où se voient quelques traits noirs suivant la tige des plumes ; à la poitrine, il est grisâtre- Rémiges brunes, bordées en dehors de gris clair; la barbe interne présente successivement et d'avant en arrière, du blanc, du noirâtre, du gris et du brun, de telle manière que l'aile ouverte laisse voir, en dessous, une grande bande blanche que suivent trois autres bandes, une noirâtre, une grisâtre et une brune. Couvertures supérieures d'un brun très-clair, tachées de noirâtre au milieu et de grisâtre sur les bords. Inférieures blanches. L'aile bâtarde, très-développée, est noire et terminée de roussâtre.
Rectrices très-étagées, brunes et finement bordées de grisâtre. Les trois plus extérieures portent du blanchâtre vers leur pointe, surtout la première. La barbe interne présente, vers la base, du roussâtre qui, sous la queue, dessine un triangle à sommet postérieur. De chaque côté de ce triangle, se voient deux taches noires; l'une grande et placée sur la première rectrice; l'autre, plus petite, placée sur la seconde. Couvertures supérieures très-longues, brunes et largement bordées de grisâtre. Inférieures roussâtres.
Bec d'un brun rougeâtre; blanchâtre en dessous. Pattes bleuâtres. Iris rougeâtre.
La femelle ressemble au mâle.
Le jeune a le dessus de la tête garni d'une huppe noire dont chaque plume porte à la pointe une tache ocellée roussâtre. Nuque et dos noirs ; chaque plume bordée de gris roussâtre et portant à la pointe une raie transversale roussâtre très-fine. Manteau noir; les plumes bordées de gris roussâtre et terminées à la pointe par une tache ocellée roussâtre. Croupion d'un roux assez vif; un filet noir le long de la tige des plumes se biftirquant pour embrasser une taehe ocellée roussâtre qui forme la pointe.
GoTge, devant et côtés du cou roussâtres, présentant vers la pointe des plumes une petite raie noirâtre que précède une tache blanchâtre. Les autres parties infé* rîeures d'un blanc pur qui devient roussâtre sur les côtés du ventre.
Les rémiges et leurs couvertures sont colorées comme chez l'adulte; mais elles portent à leur pointe une tache ocellée roussâtre.
Rectrices et leurs couvertures supérieures brunes, bordées de roux et terminées par une tache ocellée roussâtre. Couvertures inférieures d'un roux assez vif.
Sous cette livrée, c'est le coccyzus ehocM de Vieillot et le coccyzuB gàleritus d'Eliger.
Le nœtms est commun ici. Il affectionne les lieux découverts, surtout ceux situés près de nos habitations ; aussi le voit-on souvent dans les savannes, s'il y trouve quelques arbustes qui puissent lui offrir des perchoirs. D ne dédaigne pas les broussailles; il y cherche les larves et les insectes dont il se nourrit priixcipalement.
Quelquefois il est à terre, chassant encore aux insectes qu'il poursuit en sautillant. Quand sa feim est apaisée, il se met sur une branche ou sur une barricade, et fait entendre son chant qu'il répète pendant longtemps; ce sont deux notes qu'il module d'une manière tout-à-fiiit langoureuse ; il les donne, le plus souvent, l'une après l'autre ; quelquefois, il répète la seconde plusieurs fois et la termine en l'accompagnant d'une sorte de note d'agrément. On a cru trouver dans ce chant, mais bien à tort, le son du mot Trinité; de là, le nom vulgaire que porte cet oiseau. Si la branche qu'il a choisie, soit pour se reposer, soit pour chanter, est faible et balancée par le vent, il semble se plaire à ce mouvement et pour conserver son équilibre, il entr'ouvre ses aîles et principalement ses aîles bâtardes, ce qui lui a valu l'épitibète de quatre ailes. Ce n'est pas seulement pendant la journée qu'on entend le nœvius; c'est encore pendant la nuit et à toute heure. Le silence, le calme et l'obscurité qui régnent alors, donnent à son chant quelque chose de triste et de plaintif; l'oiseau semble avoir perdu sa compagne pour toujours; il l'appelle, en gémissant, comme pour exhaler sa douleur.
G. FlAYA—Lesson.