ARDEA EGRETTA— GW
vuLO. GRANDE AIGRETTE.
Arâea egretta — Gml. — ^Gray, p. 555, vfi 19.
Ardea egretta (genus Egretta) — ^Pr. Bonap., 2™ vol., p.
114, no 1.
Ardea egretta — ^Wilson, 3"« vol., p. 9. Héron dit la Grande Aigrette — Ardea egretta — ^Vieîl. Ardea alba — d'Orbigny, p. 191.
Egretta leuce ? — Gosse, p. 346.
Longueur totale 1 m. 40 mfl.
— du pU de Taîle 410
— du tarse 153
— » du doigt médian 109
— - de la queue 153
— du bec 115
Tout le plumage de cette aigrette est d'un blanc pur. Les plumes de l'occiput forment une huppe, mais assez courte ; celles du bas du cou s'allongent pour constL tuer une petite colerette qui couvre le haut de la poitrine. Du milieu du dos, part un faisceau de plames assez longues pour dépasser la queue ; leurs barbes sont désunies, rares et effilées.
Bec jaune. Pattes noires. Iris jaime paille.
La femelle a le même plumage ; mais elle n'a ni huppe, ni colerette, ni panache. Cependant je nepuin l'affirmer.
Le jeune ressemble à la femelle ; il n'y a que l'ixtf qui sait blanc au lieu d'être jaqne.
DESCRffnVB. 407
Cette o^^^ est assez oommune ici. Elle se tient prîncîpalemeiit au bord de la mer et le long des rivières où se fait sentir la marée. C'est pendant la jomnée qu'elle va chercher sa nourriture, qid consiste principalement en poissons et en mollusques mous. Pour se reposer, elle choisit une branche de manglier et s'y tient dans la plus grande inmiobilitë. Elle est presque toujours seule ; cependant, quelquefois, deux ou trois individus se trouvent réunis. Quoique très-£arouche, elle plie pourtant facilement à la captivité. Elevée dans nos cours, ou dans nos jardins, elle en devient l'un des plus beaux ornements. En effet tout, chez elle, se réunit et s'harmonise pour flatter la vue; la blancheur du plumage, la grâce des mouvements, l'élégance du panache, la noblesse des allures. Quelquefois légèrement penchée en avant, elle est d'une immobilité absolue ; elle guette alors un rat ou une souris ; soudain, le cou se détend comme un ressort et le bec part comme l'éclair pour saisir l'animal incapable de fuir devant tant de vivacité. Satisfaite de sa capture, elle reprend ses promenades, ne faisant grâce ni aux insectes ni aux petits lézards qu'elle peut rencontrer. Mais elle veut être seule à régner ainsi au milieu de la prison qu'on lui a destinée. Aussi qu'une seconde aigrette se présente, tout annonce de la colère de part et d'autre. Toutes deux semblent d'abord chercher à s'éviter ; elles tournent l'une autour de l'autre, toujours silencieuses, mais indiquant cependant, par leur attitude, le désir de se battre. Bientôt elles se rapprochent et la rencontre a lieu. La lutte commence par des coups de bec lancés de temps en temps ; c'est une sorte de prélude au combat corps à corps qui va suivre ; en effet les deux adversaires vivement animées se pressent l'une contre
l'autre ; leur cou s'enroule sans arrêter l'action du bec; les aîles s'entr'ouvent et frappent vivement et les pattes s'entrelacent pour ne point rester inactives. H est rare que le bec arrive à faire quelques blessures ; les coups sont presque toujours ou évités ou reçus sans inconvénient, par le bec de l'adversaire; mais les ailes s'entrechoquent avec tant de force que, fort souvent, une fracture met une des aigrettes hors de combat; souvent aussi, l'entrelacement des pattes amène la fracture de l'une d'elles et la lutte finit. La malheureuse qui a été victime se réfugie dans un coin, tandis que l'autre fière de sa victoire, secoue ses plumes, les peigne, les lisse et se promène plus gracieuse que jamais.
Cette aigrette niche ici. Je crois qu'elle ne nous quitte jamais. Son cri fort et rauque est si peu en rapport avec tout ce qui fait admirer cet oiseau qu'on ne voudrait jamais l'entendre»