‹ Oiseaux de l'île de la Trinidad,Chapitre 87 sur 292 · NASICA SUSURRANS-^arrfme · texte numérisé non relu

NASICA SUSURRANS-^arrfme

vuLo. MANGEUR DE CACAO.

Nasîca svsurrans — Jard. — Gray, app., p. 6. Nasica stisurrans — Jard. — ^Lafresn., Monog. dès Dend.y p. 66.

Le Pr. Bonap., p. 207, après le n° 7 du genre Dendrocopsy doute de l^espèce.

Longueur totale 260 mil.

— du pli de Taîle 110

— du tarse 20

^ du doigt médian 18

— de la queue ^ 88

— du beo 38

Parties supérieures de la tête, joues, côtés et derrière du cou d'un noir enfumé; sur le milieu de chaque plume une tache d'un blanc roussâtre très-distincte; ronde au front, lacrymiforme à la tête, ovalaire au cou. Dos et manteau d'un brun olivâtre légèrement lavé de roux-canelle ; les taches du cou continuent sur le haut du dos ; mais elles y sont rares, étroites et séparées du fond olivâtre par une bordure noirâtre. Croupion d'un roux-canelle assez vif.

Gorge blanchâtre ; une bordure noiiâtre à peine visible donne aux plumes une apparence écailleuse. Côtés de la gorge limités par un filet noirâtre peu apparent. Toutes les autres parties inférieures d'un brun olive tout-à-fait exempt de roux ; de ce fond ressortent de grandes taches blanchâtres ; elles sont entièrement bordées de noirâtre; au cou, elles sont nombreuses et

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ovales ; à la poiti^ine, elles commencent à diminuer et a'aQongent un peu ; à l'abdomen, elles sont assez rares, très-allongées et d'une teinte si claire qu'elles tendent à disparaître dans le fond avant d'atteindre le ventre.

Rémiges roux-canelle ; du brun sur la barbe interne et à la pointe des primaires. Couvertures supérieures continuant le brun roux du dos ; inférieures d'un roux très-clair.

Reetrices roux-canelle ainsi que leurs couvertures supérieures ; les inférieures sont de la couleur du ventre ; leur tige est parcourue par un trait peu apparent d'une teinte ocrcusc*

Pattes brunes. Bec et iris noirs.

La femelle a des proportions un peu moins fortes ; la couleur do ses taches tend au roussâtre ; elles sont moins nombreuses et plus arrondies. Le brun olive des parties inférieures est légèrement lavé de roussâtre.

Le jeune ressemble à la femelle ; il ne s'en distingue que par la brièveté de son bec qui ne s'aUonge qu^aveo V?

Cepicucule est très-commun ici. H rappelle, en partie, les pics par ses habitudes. A l'aide de ses ongles longs, forts et crochus, des tiges si roides des pennes de sa queue, il se cramponne au tronc des arbres ou à leurs branches principales et s'y maintient si solidement qu'il peut les parcourir dans tous les sens. H s'arrête à chaque pertuis et y plonge le bec pour saisir les larves qui peuvent s'y trouver. Il est ordinairement solitaire; mais quelquefois beaucoup d'entre eux se trouvenik réunis. Nous avons ici des fourmis /yaurmis-chasseursj qui rappellent les fourmis-amasonnes de l'Europe; en temps voulu, elles se mettent en marche en un immense

bataillon pour chasser aux insectes ; elles parcourent ainsi une grande étendue de terrain. A leur approche^ tout insecte s'enfuit; et c'eftt assez pour attirer, en foule, nos susurrans qui n'abandonnent point le bataillon afin de profiter de ces fuyards. Quelquefois ces fourmis charrient leurs nymphes et leurs œufs pour les soustraire à un danger quelconque; et peut-être, dans d'autres circonstances, (je n'ai point étudié ici les fourmis) elles transportent à leur demeure des nymphes et des œufs d'une espèce difierente qu'elles ont enlevés, comme les foumm-amazonneSj à une fourmilière voisine ; pendant le trajet, les picucules ne perdent point de vue le bataillon ; ils le suivent en volant d'arbre en arbre et, à chaque instant, ils vont saisir soit une nymphe, soit un œuf; la fourmi-porteuse est aussi engloutie ; car, d'ordinaire, elle ne lâche que difficilement son précieux fardeau. Ces attaques sont, chacime, de courte durée ; les picuculeSy sans doute, redoutent la piqûre des fourmis.

Quand la surface extérieure de nos immenses fourmilières se couvre de nymphes et de larves que les fourmis-ouvrières retirent des galeries et exposent, momentanément, à l'influence d'un temps favorable, on voit encore les susurrans arriver en foule pour enlever, de temps à autre, soit une nymphe, soit ime larve.

Souvent le stisurrans est cramponné à une gousse de cacao ; c'est qu'il y a aperçu un petit pertuis qui contient des larves ; il agrandit l'ouverture et s'empare de la nichée. On pense généralement ici que c'est l'oiseau luimême qui perce ainsi la gousse pour pouvoir sucer la pulpe qui entoure chaque fève qui y est contenue; de là le nom vulgaire de manffeur de cacao qui lui a été donné ; et comme la gousse ainsi blessée se dessèche et

est toujours perdue pour le planteur, celui-ci ne pense qu'à détruire un tel ennemi. Le sumrrans n'attaque point les gousses saines de cacao ; la conformation de son bec crochu à la pointe lui rend la chose sinon impossible, du moins très-difficile, à cause de l'épaisseur et de la dureté de la gousse ; de plus, il est éminemment insectivore et ne recherche point les substances végétales; si, en effet, il les recherchait, principalement le cacao, il serait au moins dans presque toutes les cacaoyères, ce qui n'est pas ; il fréquenterait trèspeu les grands bois, ce qui n'est pas encore ; il commettrait un dégât considérable, ce qui n'est pas non plus. L'auteur, à mon avis, de tout le mal est un insecte qui, à l'aide, sans doute, de sa tarrière, perce, en partie, la paroi de la gousse pour y loger ses œufs j ceux-ci éclosent et les larves se nourrissent d'abord aux dépens de la pulpe de la gousse qu'elles achèvent de percer, et ensuite aux dépens de la fève même ; ime fois la fève attaquée, le fi-uit se dessèche. C'est à la recherche de ces larves qu'est occupé le susurrons quand il visite une gousse, et s'il peut en découvrir et s'en emparer avant qu'elles n'aient traversé toute la paroi de la gousse, celle-ci se conserve et atteint sa maturité. C'est donc un oiseau utile ; mais pendant bien longtemps encore, il ne trouvera, comme le moineau en Europe, que de l'ingratitude pour ses services.

Son vol est plutôt saccadé que soutenu. Du reste, il a plus besoin de ses ongles et de sa queue que de ses ailes. H habite indifféremment tous les lieux où il y a des arbres, aussi bien près que loin des endroits habités. Cependant il affectionne par dessus tout certaines cacaoyères et il fuit les endroits noyés ou trop hiunides.

Sa voix est forte et sonore ; tantôt c'est un simple

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cri que compose une seule note ; tantôt c'est un véritable roulement produit par la répétition, coup sur coup, de cette même note. Ce chant qui est souvent entendu, n'a rien de mélodieux ; mais au milieu de nos forêts, il vient, à propos, rompre le silence qui y règne habituellement.

G. DENDROCOLAPTES— ifenwawn.

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