LE SUICIDE DE L'AMOUR
(ÉLÉGIE d'un Débauché)
Oh ! je me lamente et je pleure !
Vainement, j'évoque à toute heure Le fantôme de mes amours 1 Une voix qui nuit et jour veille Glapit sans cesse à mon oreille :
a Ils sont engloutis pour toujours ! »
Le Cantique de l'espérance S'est envolé ; l'acre Souffrance M'assiège, et mon cœur est fermé.
io6 Rinies d'ébène.
Pour le marasme j*ai dû naître !
Je ne puis plus me reconnaître:
Malheur ! malheur I j'ai trop aimé !
Après la volupté qui grise Survient l'épouvantable crise, Et la nuit brune après le jour.
Le sourire creuse une ride...
Mon spleen est né d'un suicide, Et l'amour a tué l'amour !
Où retrouver mon cœur? — Mystère!
Cherchez dans le val solitaire Les feuilles mortes que le vent Roule en ses tourbillons sans nombre !
Allez chercher dans la nuit sombre Les splendeurs du soleil levant !
Accoudons-nous à la fenêtre:
Le printemps radieux va naître ; Les oiseaux d'hiver sont partis ; Les neiges d'aman sont fondues. . .
Et mes illusions ? — Perdues !
Et mes amours ? — Anéantis !
Le Suicide de T Amour, 107
Le Cantique de Tespérance S'est envolé ; l'acre Souffrance M'assiège, et mon cœur est fermé.
Pour le marasme j'ai dû naître !
Je ne puis plus me reconnaître :
Malheur! malheur! j'ai trop aimé