PERSÉCUTION PAÏENNE
Sublimes confesseurs, non, jamais le supplice, Ni les pinces de feu, ni les carcans de fer, Ni tous les instruments qu'inventa la Malice Pour briser votre foi par des tourments d'enfer. Ne vous virent plier sous le faix des souffrances : Prêtres saints, vous portiez trop haut vos espérances! Tandis que le païen tenaillait votre chair,
126 Rimes d'êbène.
Vous éleviez vos cœurs vers Celui qui délivre,
Et, sentant dans vos flancs meurtris vos âmes vivre,
Vous buviez jusqu'au fond votre calice amer !
Christ vous avait appris à souffrir la torture :
Le front haut, l'œil ouvert, sans cris et sans murmure,
Chantant l'hymne sacré, bénissant vos bourreaux,
De votre foi, martyrs, vous plantiez les drapeaux !
Les siècles ont passé sur votre œuvre immortelle : Le monde, illuminé par l'aurore nouvelle Dont l'éclat empourprait le ciel à l'orient. Enivré par la grâce et la douceur suprême De Celui qui disait: «Amis, je veux qu'on s'aime», A prosterné son front croyant.
Les cantiques alors retentissaient sur terre ! Comme un encens qui monte au séjour radieux. De toutes les cités s'élevait la prière
A Jésus mort sur le Calvaire,
A Jésus vivant dans les cieux !