LIVRE III, CHAPITRE IV
Aux généraux Blake et Montagne, en mer.
« Whitehall , 20 août 1656.
« Messieurs ,
« Nous avons reçu vos lettres du 19 juin, que nous a apportées le capitaine Lloyd, arrivé le 11 juillet.
« Nous apprenons par ces lettres que les Espagnols restent dans leurs ports , ne préparent pas encore de flotte considérable pour prendre la mer, et que votre condition et la leur ne vous permettent pas d’aller les attaquer dans leurs rades. Et quant à une entreprise contre Gibraltar, nous voyons , par la lettre du général Montague au secrétaire d’Etat, que la chose n’est pas faisable sans un corps considérable de troupes de terre; qu’ainsi, tout considéré, rien n’exige maintenant la présence de toute la flotte dans ces mers....
« D’après cela nous pensons , avec vous , que dans cette saison une bonne escadre de frégates suffira au service qui peut se présenter. Nous avons donc décidé qu’environ vingt bâtiments que vous jugerez convenables à cet usage resteront dans ces mers, et que les autres seront renvoyés en Angleterre.... Et comme il faudra que nous avisions, avec l’un de vous, sur toute cette affaire , et comme vous ne pouvez pas
tous les deux être absents de la flotte qui garde la mer, — nous désirons que le général Blake en garde le commandement , et que le général Montague vienne avec l’escadre rentrante.
« Pour le service de l’escadre qui restera là , nous vous renvoyons aux instructions précédentes. Nous pensons que ce que l’ennemi aura le plus à cœur sera de continuer son commerce avec l’Amérique; s’il peut y réussir, il s’inquiétera peu de ce que l’on entreprendra du reste contre lui. Nous sommes informé qu’il prépare àtladix des vaisseaux de guerre et autres pour les envoyer dans vos parages ; — vous pouvez en avoir la certitude. Par conséquent, ce que vous devez surtout vous efforcer de faire , c’est d’entraver son commerce , en interceptant les flottes qu’il enverra de ce côté ou qui en viendront, — et de détruire , autant que possible , ses communications avec ce pays. Il sera très-utile d’empêcher les matériaux propres à la marine ou toute autre marchandise de contrebande d’entrer dans Cadix ou tout autre de 66s ports : vous surveillerez cela , et gênerez autant que possible ses communications avec la Flandre.
« Outre’ces choses et tout le mal que vous pourrez avoir les occasions de faire à l’ennemi , nous avons eu en vue, en gardant ladite flotte dans ces mers, de protéger le commerce de la république dans le détroit de Gibraltar et avec le Portugal. Nous pensons qu’il