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ICONOLOGIE
comte de Corke , surtout en contemplant la tète si caractéristique de Henry VII, à Strawberrvhall, tète qui, incontestablement, reproduit le moule pris sur les traits de ce prince après sa mort.
Parmi les images de Cromwell qui nous sont parvenues, un grand nombre sont gravées, et quelques-unes sont accompagnées soit d’attributs, soit de mots injurieux. Au-dessous de l’une d’elles est écrit le mot Tyrannus. Cette gravure qui servait de frontispice à une Jïe d'Agathocle, tyran de Syracuse, représente manifestement Cromwell. Une autre qui, au-dessous de Cromwell , offre la tète de Charles I" et celles de plusieurs royalistes décapités, est accompagnée de cette sentence latine : Sat doctus versare dolos. Cette gravure fait allusion à la duplicité dont l’accusaient les royalistes. Le docteur George Hickes rapporte l’anecdote suivante, probablement fausse , et qui avait cours parmi les cavaliers. Après la mort de Charles, un gentleman demandait à Cromwell, de la part d’une dame , une boucle des cheveux du roi. « Oh, non ! répondit Cromwell en fondant en larmes, cela ne se peut; je lui ai juré, tandis qu’il vivait, que pas un cheveu de sa tète ne périrait. »
Enfin , une autre gravure représente Cromwell au milieu de ses gardes, en proie à l’effroi, tenant à la main le pamphlet ; Killitig no murder. Ce pamphlet fut publié, en 1657, par Silas Titus, sous le nom de William Allen. « L’auteur, dit gravement M. Wood , donnait à Cromwell des raisons convaincantes et satisfaisantes de se tuer lui-même. Il lui laissait généreusement le choix de se pendre, de se noyer ou de se brûler la cervelle. Il lui démontrait la nécessité de le faire, l’honneur qui lui
ICONOLOGII.
en reviendrait, enfin usait d'arguments tels, qu’ils auraient persuadé tout autre qu’un rebelle endurci. » Cromwell fut épouvanté de cette pièce, et quelques historiens disent qu’il fut tenté de céder aux avis de l’auteur par la crainte de périr sous les coups d’une main vile.
Les traits de Cromwell étaient puissants et vulgaires; il avait le nez rouge et enluminé. Ses ennemis, les royalistes surtout, le tournaient en ridicule. Cleaveland, dans son London Diurnal, attaque à diverses reprises le nez du Protecteur. Cromwell s’inquiétait peu de ces railleries. Quand Lely fit son portrait, il lui ordonna de le représenter fidèlement , et de ne pas lui faire grâce « d’une verrue. » Voici la liste, aussi complète que possible, des tableaux et gravures composant l’iconographie de Cromwell.
I. — Olivier Cromwell , lord protecteur ; excellente miniature, par Samuel Cooper, <653, gravée deux fois, par G. Vertue, dont une fois pour l’histoire de Rapin.
II. — Olivier Cromwell, peint par Cooper, gravé par Houbraken.
III. — Olivier Cromwell, peint par Lely, en 1653, gravé Faber.