SCÈNE II COLOMBINE, puis ARLEQUIN
COLOMBINE
J'ai eu bien de la peine à le décider, mais enfin j'ai pu le convaincre. C'est vrai, depuis que le docteur m'a promis cette cassette, je meurs d'envie de savoir ce qu'il y a dedans. C'est un cadeau qu'il a voulu me faire, par conséquent ce doit être de l'or ou des bijoux. Voilà qui va'nous être utile pour nous mettre en ménage. Au fond, je n'ai pas de remords ! N'est-ce pas rendre un service au docteur que de l'obliger à tenir sa parole? Car enfin, s'il m'avait oubliée sur son testament, la cassette reviendrait à ses héritiers et ainsi sa volonté âe serait pas remplie.
ARLEQUIN, entrant.
Que ra jontes-tu là toute seule, Colombine ?
COLOMBINE
Des ch jses qui ne te regardent point, mon cher Arlequin.
ARLEQUIN
Oh ! oh î Je viens de te voir causer avec Pierrot. Vous méditez quelque mauvais coup ensemble.
COLOMBINE
Peut êUe bien! En tout cas, tu n'as pas besoin de savoir ce que nous disions.
ARLEQUIN
Et si je le devinais ?
COLOMBINE
Tu serais bien malin I mais rien ne t'empêche de faire des suppositions.
ARLEQUIN
Avoue que vous méditez quelque tour contre le docteur.
COLOMBINE
Notre maître ] Que nous aimons tant 1 Peux-tu le penser I
ARLEQUIN
Ou contre un autre.
COLOMBINE
C'est bien possible, mais je ne te dirai rien... parce qu'il n'y a rien. Et sur ce, mon très curieux Arlequin, je te tire ma révérence ! (Elle sort.)