‹ Ombres chinoisesChapitre 57 sur 98 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

VALENTIN

Je suis fait comme un voleur et cependant c'est moi qui suis volé. Personne ne le croirait, pourtant c'est l'absolue vérité. Ecoutez mon aventure. J'aime les excursions, et surtout les excursions fantaisistes, partant sans avoir de but, sans savoir où je vais, à pied bien entendu et ne manquant jamais le train que je n'attends jamais. Comme je voyage toujours seul, je m'arrête quand je veux, je poursuis mon chemin quand il me plaît et je cause avec la nature qui est toujours de mon avis. Or, hier soir, comme je sortais d'un bois, je me trouvai tout à coup en face de trois gaillards déguenillés qui, sans me dire un mot, sautèrent sur moi, s'emparèrent de mes vêtements et me laissèrent tout nu au pied d'un arbre. L'endroit était désert, je jugeai inutile de crier. Ces gentilshommes de grand chemin avaient cependant eu une attention ; du moins l'un d'eux, celui qui avait revêtu mes habits, m'avait laissé ses guenilles que j'endossai avec plaisir et qui me permirent d'arriver jusqu'à ce village où je vais me reposer. Voici d'abord une grange où je réparerai mes fatigues. {Il rentre dans la grange à droite).

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