‹ Ombres chinoisesChapitre 67 sur 98 · SCÈNE XI LARISETTE, puis VALENTIN · texte numérisé non relu

SCÈNE XI LARISETTE, puis VALENTIN

LARISETTE.

II vient de se sauver! C'est impossible, puisque je l'ai arrêté. D'ailleurs, comme il n'a pas de papiers, il ne peut aller bien loin. Qu'est-ce que je disais ? Le voici !

VALENTIN, entrant des papiers à la main. Maintenant je suis en règle. J'ai été trouver le maire, qui m'a donné un passeport sur ma bonne mine. J'espère qu'on va me laisser tranquille.

LARISETTE.

Ah ! Ah ! Vous voici. Vous cherchiez à vous évader.

VALENTIN

Moi ? Pourquoi ? C'est inutile ! Vous ne pouvez pas m'arrêter puisque j'ai des papiers.

Des papiers ? Voyons !

VALENTIN, montrant des papiers.

Tenez! C'est un passeport en règle signé par votre maire.

LARISETTE, Usant.

Passeport, c'est exact, délivré au sieur Valentin. Valentin c est vous ?

VALENTIN

Sans doute, c'est moi I

LARISETTE.

Qu'est-ce qui le prouve ?

VALENTIN

C'est mon passeport.

LARISETTE.

C'est juste! (A part) Le quidam est en règle, mais le juge m'a dit de le lui amener, il faut l'arrêter pour un autre motif.

VALENTIN, voulant sortir.

J'ai bien l'honneur de vous saluer.

LARISETTE.

Un instant I Tout à l'heure ne m'avez-vous pas dit qu'on assassinait quelqu'un?

Je le croyais !

LARISETTE.

Vous avez môme ajouté que c'était le juge.

VALENTIN

Certainement !

LARISETTE.

Vous en convenez ! Eh bien je vous arrête pour diffamation.

VALENTIN

Pour diffamation I Comment cela ?

LARISETTE.

Sans doute! Ce qu'on tuait, c'était un cochon. Or vous m'avez dit que c'était le juge, donc vous avez pris le juge

Le crime de Saint-Jus t 119

pour un cochon. Je vous arrfite et je vais vous conduire devant lui.

VALENTIN, riant.

Ah! Ah! Ah! Ma foi, je veux bien, gendarme! C'est trop drôle ! J'espère que le juge sera moins sévère que vous et qu'il me mettra en liberté !

(Rideau.)

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