SCÈNE VIII Les Mêmes, BOULENBOIS
boulenbois.
Là ! Ça va tout à fait bien maintenant.
LE GENDARME
Tant mieux ! Alors, nous allons tenir conseil. Nous sommes trois dans cette île, pour nous entendre, il faut que nous ayions des attributions différentes. Moi, gendarme, je représente l'armée, c'est bien naturel.
BOULENBOIS.
Je comprends ça.
ROBINSON
Moi, en qualité d'ancien étudiant, je représente la magistrature.
BOULENBOIS.
C'est logique ! Quant à moi, je représente le peuple qui se fiche de l'armée et de la magistrature.
LE GENDARME
Ceci est tellement subversif que je vais vous arrêter.
BOULENBOIS.
Oh 1 m'arrèter I Ce n'est pas si facile que ça ! Mais vous
Vîle déserte 151
m'ennuyez, vous, avec votre manie de m'arrêter, c'est moi qui vais vous arrêter une bonne fois pour toutes !
LE GENDARME
Osez approcher ! Je ne vous crains pas !
BouLENBois, sc jetant sur le gendarme.
Ah ! Tu ne me crains pas ! Eh bien tout à l'heure, tu ne me craindras plus.
Am : .1 la façon <Jc Barbari, ou de Madame Galuchard.
N" 12 des Chants du V Age. L. Houssot.
Tu crois être maître de moi, Gendarme impitoyable, Mais je suis plus malin que toi, Donc bien plus redoutable.
(Il bat le gendarme.)
Tiens ! Prends ceci, pare cela !
Tralalalalère, tralalalalà !
Aimes-tu ce coup-là, voici,
Biribi !
Le trouves-tu bien réussi
Mon ami !
(Le gendarme tombe mort.)
ROBINSON
Comment! C'est au moment où nous te donnons la liberté que tu viens commettre un crime ! Attends ! Je n'ai plus de pitié pour toi. Tu vas le payer cher ! (Il entre dans sa cabane et en sort avec un fusil avec lequel il vise Boulenbois.)
BouLENBois, se sauvaut.
Attrape-moi, si tu peux !
ROBiNSON, tirant son coup de fusil.
Voilà ce que tu mérites.
BODLENBois, tombunt sur le sol.
N-i-ni, c'est fini !
ROBINSON
Il faut en prendre mon parti. Je ne jouirai plus de la société des hommes. Je suis destiné à rester toujours seul! (Le perroquet dit : a Bonjour Coco. ») Ah ! je t'oubliais, mon pauvre coco ! Non, je ne suis pas seul, puisqu'il me reste mon meilleur ami !
(Rideau.)