DAGOBERT, ÉLOI, INÈS
ÉLOI, introduisant Inès.
Son Altesse la princesse Inès.
INÈS, entrant.
Il n'y a pas un peu de musique pour mon entrée ?
Le bon roi Dagohert 159
DAGOBERT
Non, ma fille, aujourd'hui jeudi tous mes musiciens ont congé et mon phonographe est cassé. D'ailleurs, tu ne vas pas danser, n'est-ce pas ?
INÈS
Hé ! hé ! Ce n'est pas l'envie qui m'en manque.
DAGOBERT
Je comprends cela, tu vas te marier.
INÈS
Oh ! ce n'est pas encore fait ! Parce que s'il ne me plaît point...
DAGOBERT
Ah ! non, par exemple, je t'ai trouvé un mari de choix, un grand homme, il ne manquerait plus que tu le refusasses. Songe que les grands hommes sont rares. Du reste, tu vas le voir.
INÈS
Eh bien, mon père, s'il me plaît, je vous obéirai.
DAGOBERT
S'il me plaît est de trop. Faites entrer la victime.
ÉLOI
Pardon, Sire, vous vous trompez. Il s'agit du prétendu.
DAGOBERT
Eh bien oui ! Qu'ai-je donc dit ?
ÉLOI
Vous avez dit : la victime.
DAGOBERT
C'est un lapsus. Je me croyais à mon tribunal. Après ^out, si c'est une victime, ma fille est un gentil bourreau.
mÈs.
Merci, papa !
DAGOBERT
Allons, un peu de tenue, ma fille, et placez-vous à ma droite. Inès se place à la droite de son père.)