‹ On lit dans l'akhbar... vaudeville eu un acteChapitre 10 sur 12 · SCÈNE VIII BARBISON, NICOLE, DENISE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII BARBISON, NICOLE, DENISE

NICOLE et DENISE, à la cantonnade.

Nous v’ia nol’maltre...

BARBISON, à part.

Je liens mon idée I (Dcmse et Nicolë entrent en scène.)'

DENISE

Eh bien quoiqu’il y a donc nol’ maître...

BARBISON

U y a, mes petites chattes qu’il fait un diable de soleil aujourd’hui et qu’il m’semble que vous boirez bien un pichet de bon vin pour vou^ rafraîchir... Hein?

NICOLE

Un pichet d’vin !

DENISE

On voit bien qu’c’esl »a fête..,..

NICOLE

Qu’est-ce qu’il a donc.....

BARBISON, à Nicole.

’l iens... y en a justement sur le bahut... Là.. . Venez toutes les deux vous asseoir près de moi... Là... (ils s’asseoient tous les trois.)

NICOLE

Oui, not’ maître. (Tout en servant.) Sur quel légume qu’il a marché donc pour nous offrir quelque chose !

DENISE

Vous êtes bien bon, nol’ maître... à vol’ santé...

NICOLE

A vot’ santé, m’sieu Barbison...

BARBISON

A la vôtre, mes petites, à la vôtre. Ah! c’est une bonne boisson tout d’même la piquette...

DENISE

J’croyais qu’ vous nous aviez offert du vin!

BARBISON

Oui... mais j'avais un petit restant de piquette qui devenait sûr, et puis vous d’vcz mieux aimer ça, la piquette... Vous! (A [art.) Comme c’est adroit! (Hauu) Ça vous rappelle VOt’ village... hein... (Chanlonnant.)

Le beau pays qui vous donna le jour!

NICOLE

Ah ! voilà un département où nous avons été heureuses Denise et moi 1

BARBISON

Est-ce que vous ne l’êtes pas ici, mes petites louloutes... Est-ce que je ne vous traite pas comme mes enfants ?

DENISE

Oh! si m’sieu ! vous êtes bon par moment... (A part.) Mais jamais en s’maine.

NICOLE, il part.

En v’ia un toupet par exemple !....

BARBISON

Car enfin, vous n’avez plus de famille, pauv’s petiotes...

NICOLE

Hélas non! Nous n’avions plus qu’un parent...

Un brave et honnête homme, allez !

NICOLE

Mais il nous a quittées depuis longtemps déjà, nof pauvre oncle Morisseau !

BARBISON, à part.

Morisseau... C’est décidément ça! (Haut.) El vous n’avezplus eu de ses nouvelles...

DENISE

Jamais... l’pauvrc cher h immescra mort sans doute.

NICOLE

Lt il n’aura pas osé nous en faire part, de peur de nous faire du chagrin...

BÀRBISOîî, à part.

Elle ne croit pas si bien dire! (Haut.) Et il vous aimait bien, n'est-ce pas!

NICOLE

Autant qu’il aimait la soupe aux Icnlillçs...

Nous étions ses seules parentes...-.

BARBISON

Et vous n'avez jamais remarqué qu’il y en avait une de vous deux qu'il préferait un peu, hein...

NICOLE

Si... attendez donc...

BARBISON, anxieux.

Et c'élait...

NICOLE

C’était... au fait non, ça n’était pas!

BARBISON

Ah... Alors... vous ne vous êtes pas aperçues...

NICOLE

Si je m’ souviens maintenant que la dernièie fois que nous

l’avons vu Au moment de nous quitter c’est Denise qu’il

embrassait le plus fort, j'en fus presque jalouse.

BARBISON, à parU

C’est Denise, bien sûr ! (Haut,) Ce bon Abdalah !

NICOLE

Oh ! la la ! quoiqu’ vous dites là !

BARBISON

Rien... rien!

C’est vrai ça, Nicole, mais t’ rappelles lu aussi, à la fête de la Saint-Louis c’ le belle robe qu’il l’avait aclielée avec ce

joli bonnet... Tout son boursicot y avait passé... Et bien j' n’en lus pas jalouse, moi 1

NICOLE

Bonne Denise, va 1 (Elle l’embrasse.)

' BARBISON, à part. ’

Une robe et un bonnet... C’est un indice, ça... ça doit être Nicole I

NICOLE

Air : reste, troupe jolie,

C’ qui fait qu’en pesant bien l’affaire,

J’ crois qu’ c’est D’nis’ qu’il aimait pour deux.

DENISE

Si tu réllécliis bien, ma chère.

Je crois que c’est toi que le pauvr’ vieux ,

Lè, franchement, aimait le mieux.

NICOLE

Non c’est toi...

DENISE

C’est toi, chère amie, -

BARBISON, à part.

^ Il aimait trop-c’timbécil’-là.

Quand on d’vient riche en Algérie,

Faut avoir moins d’affection qu’ ça.

Quand on d’vient riche en Algérie.

On tach’ d’avoir moins d’ cœur que ça!

NICOLE

Enfin en cherchant bien, j’ crois que 1’ pauvre cher homme n’avait pas de préférence et qu’il nous aimait également toutes deux l (Eues se lèvent et rangent les verres et le piche.) •

BARBISON

Ah I VOUS croyez que... (a part.) Allons, impossible de rien apprendre! Si ça n'est pas à jeter sa langue au chat ou au

ON LIT dans L’AKHBAR...

chien!... J’ suis si troublé que je n’sais plus à quel animal on s’adresse pour ça! Dire pourtant qu’une de ces petites. vauriennes-là est richissime à c’t’ heure, et qu’il n’y a pas moyen... Ail! gredin d’Akhbar! comme si il n’aurait pas pu tout de suite...

NICOLE. '

Qu’est-ce qu’il a donc à rdminer comme ça, not’ maître?

DENISE

Il n’a- pas l’air dans son écuelle...

BARBISON

Mais au fait... p’I’èlre bien que dans l’ journal d’aujourd’hui... Oh! quelle idée !... (En sortant.) Allons, mes petites chattes, j’vous laisse... j’ vas chez... Attendez... je reviens... A tout à i’heure... Nous aurons p’t-ètre bien à causer... (U se sauve.}

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