‹ On n'est pas des boeufsChapitre 40 sur 48 · LE PAUVRE RÉMOULEUR · texte numérisé non relu

LE PAUVRE RÉMOULEUR

Je suis sûr, astucieux lecteurs, que vous avez déjà deviné.

Sans dire un mot de mon projet au pauvre rémouleur, je pris l'express de Paris, et, de la gare, je ne fis qu'un bond, rue Brunei, chez le jeune et intelligent Comiot, mon constructeur ordinaire.

Ce jour-là, une nouvelle machine était inventée, le vélo-meule I

Imaginez-vous une bicyclette comme toutes les autres, avec cette différence que la roue de devant, au lieu d'être garnie d'un pneu, est habillée d'un revêtement en pierre meulière, la même qui sert à ces messieurs pour repasser les couteaux, les ciseaux, les rasoirs.

Evidemment, c'est très simple, mais encore fallait-il y songer.

Elle tint du délire, la joie du rémouleur,

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quand il aperçut le nouvel engin que je lui

offrais de grand cœur !

Aussitôt il enfourcha son stratagème, ramassa un certain nombre de pelles et bientôt conquit le sens précieux de l'équilibre.

Il était sauvé !

Maintenant, il exerce son métier tout en pédalant selon la prescription du médecin.

Un petit filet est suspendu de chaque côté de sa machine, ce qui le dispense de s'arrêter à chaque porte.

Lés gens lui jettent leurs couteaux, leurs ciseaux, leurs rasoirs.

Lui pédale, pédale à mort,' utilisant la rotation de sa roue de devant pour affiler lesdits outils.

Une heure après, il les rapporte à tout un chacun. Et c'est un spectacle réellement très curieux que celui de ce brave homme exer-

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