SCÈNE n
LE MÂBQUI8»
C'est mon secret.
LE BABON.
Vous venez de me le dire.
LE MARQUIS
Si cela m'est échappé, je ne m'en cache pas*
LE BABON.
Ne plaisantons point, je vous prie. Je ne puis parlerpour vous à la comtesse ; elle me déteste, et je suis pressé. Voici ce que je vous propose. Deux choses sont, qu'il faut mener à hien, votre mariage et votre | amhassade. Ne sacrifiez pas Tun à l'autre.
LE MABQUIS.
Je ne demande pas mieux.
LE BABON.
Voyez donc la comtesse, obtenez une réponse. Si elle accepte, je ne m'oppose pas à ce qu'elle vienne en Allemagne, mais ce ne saurait être du jour au lendemain ; cela se conçoit naturellement.
Naturellement.
LE BABON.
Ainsi elle pourrait nous rejoindre.
LE MABQUIS.
Vous avez là une excellente idée.
LE BABON.
N'est-il pas vrai ? Si elle refuse,..
LE MABQUIS.
Si elle refuse, je la quitte pour jamais.
LE BABON.
C'est cela même ; vous fuyez une ingrate.^
LE MABQUIS.
Ah ! je l'adorerai toujours !
LE BARON
Certainement.
(A part.)
n n'est point méchant, et ses distractions même, entre des mains habiles, peuvent tourner à son profit. On n*a pas su le guider jusqu'ici. Allons, il peut venir à
Ootha. (Haut.)
Voilà qui est convenu ; je vous laisse. A mon retour, votre démarche sera faite, et le succès, je Tespère, sera favorable, car la comtesse, apparemment, s'attend à Totre proposition.
LE MARQUIS
Mais je ne sais pas trop, car voilà plusieurs fois que je viens ici pour lui en parler, et je ne sais comment cela se fait, je l'oublie toujours ; mais, cette fois-ci, j'ai mis un papier dans ma boîte pour m'en souvenir.
LE BARON
Gela fait un mariage bien avancé. .
LE MARQUIS
Je ne sais pas si elle y consentira, car il est difficile de la fixer longtemps sur le même objet. Quand vous lui parlez, elle semble vous écouter, et elle est à cent lieues de là.
LE BARON
Elle est peut-être distraite ?
LE MARQUIS
Oui, elle est distraite. C'est insupportable, cela.
LE BARON
Oh I je vous en réponds. — Je vais chez M. Duplessis.
LE MARQUIS
Oui, vous ferez bien, parce que ce mariage, le procès de la comtesse et cette ambassade, tout cela m'occupe beaucoup. On a mille lettres à répondre. Elle veut que je lise un roman nouveau... tout cela ne peut pas 8'accorder ensemble... vous en conviendrez lien.
BOÈME m. 19
LE BÂBON.
Oui, oui, songez à votre mariage*
LE MABQUIS.
C'est vrai. Cette diable d'affaire-là me tonme la tête! Je n'y pense jamais. Je ne vous reconduis pas.
LE BABON.
Hé ! non, non. Vous vous moquez de moi.
(A part en s'en allant.)
H voulait, disait-il, surveiller Germain, mais je vais le faire surveiller lui-même.
SGÈIïEin.
JM MAEQUIS, VICTOIRB.
LE MÂBQXnS.
Hdà! ho! quelqu'un.
VICTOIBE.
<Ju'est-ce que veut monsieur le marquis ?
LE MABQUIS.
Donnez-moi ma robe de chambre.
VIOTOIBE.
Vous badinez, monsieur le marquis.
Hél ah!... oui, oui.
VIOTOIBE.
On a dit à madame la comtesse que vous étiez id, et die va venir. '
LE MABQXnS.
Pourquoi cela? Je m'en vais faire mettre mes chevaux, et j'irai chez elle.
20 ON NE SÂUfiiUT PENSER ▲ TOUT.
VICTOIRE
Mais, monsieur, vous y êtes, chez elle.
LE MARQUIS
Vous avez raison... c*est que je pensais...
VICTOIRE
Monsieur, voilà madame.