‹ Ontologie naturelleChapitre 46 sur 156 · VINGT-^CINQUIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-^CINQUIÈME LEÇON

Suite des travaux de Buifoii sur la localisation des espèces i^nimaies. — ^imaux du nord de l'Amérique et du nord de l'Europe. — Vérification de la loi du parallélisme des espèces.

Les populations animales sont, comme nous avons vu, réparties et localisées dans les différentes régions du globe. L'étude des localités, par rapport aux animaux qui les habitent, forme la géographie zoologique. On appelle faune une population animale groupée dans une certaine région, de même qu'on appelle flore Tensemble des plantes spéciales à telle ou telle contrée. Vous savez que c'est à Linné que nous devons ces noms gracieux, tirés de la Fable.

J'ai dit que Buffon avait posé cette règle qu'au-

cun animal du midi de Tua des deux continents ne se trouve dans le midi de l'autre ; règle que tous les faits confirment. Mais si Ton passe du midi au nord de TAmérique, la règle n'est plus aussi complètement applicable. Le nord de Tan* cien continent et celui du nouveau ont, dans leur population, quelques animaux de même espèce : on trouve dans les deux régions l'élan, le renne, le loup, le renard, le castor, etc.Buffon explique le fait par le voisinage des deux continents au pôle nord. Et, en effet, tandis qù*au midi les deux continents sont séparés par des mers immenses, ils ne le sont, au nord, que par un passage étroit, le détroit de Behring. Il faut ajouter que, ce détroit étant presque toujours couvert de glaces, la solution de continuité n'existe pas, à proprement parler ; les animaux peuvent passer, sur les glaces, d'un continent à l'autre. Le détroit de Behring, produit de la rupture des deux continents, est, d'ailleurs, de formation relativement récente. Primitivement i les deux coittinents n'en faisaient qu'un.

Toutes ces raisons sont bonnes sans doute, ' mais Buffon ne donne pas la véritable, la grande. ^ On pourrait lui objecter, en effet, que l'Europe et l'Asie ne sont point séparées par des mers;

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