‹ Ontologie naturelleChapitre 53 sur 156 · J6id.,p · texte numérisé non relu

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3. Des pivs hautes montagnes. Palissy n'entend ici que les montagnes secondaires, les seules qu'il connût. Les montagnes primitives ne contiennent point de coquilles. Voyez mon Ûistoiie des travaux et des idées de Buffou, p. 238.

« dedans certains cassards ou réceptacles d*eau, « laquelle eau mêlée de terre,... le tout s'est ré- « duit en pierre avec Tarmure du poisson, lace quelle est demeurée en sa forme*... »

Les coquilles fossiles sont donc de véritables coquilles, de véritables dépouilles d'animaux qui ont vécu, qui les ont formées'^; pour parler comme Palissy, qui ont bâti leur forme.

Mais ce n'est pas tout. Non-seulement les coquilles fossiles sont de véritables coquilles, ce sont des coquilles marines; elles ne sont donc venues là, sur ce sol, sur cette terre où nous les trouvons, que parce que la mer y est venue ; ce qui est aujourd'hui la terre, la terre sèche, a donc été autrefuis couvert par la mer.

« J'ai fait montre, dit Palissy, d'une grande tt pierre que j'avais fait couper à un rocher près « de Soubise, ville limitrophe de la mer : lequel t( rocher avait été autrefois couvert de l'eau de « la mer, et auparavant qu'il fût réduit en pierre, « il y avait un grand nombre de poissons armés,

1. ŒMvres de Bernard Palissy (édition de Faujas-Saint- Fond), p. 88.

2. « Il faut donc conclure que, auparavant que cesdites a coquilles fussent pétrifiées, les poissons qui les ont for- » niées étaient vivants dedans Teau... » Ibid,, p. 90.

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« lesquels étant morts dedans la vase, après que « la mer a été retirée de celte partie-là, la vase « et les poissons se sont pétrifiés *. »

Palissy ne s'arrête pas là. Il reconnaît dans quelques-unes des coquilles fossiles que nous trouvons chez nous, des espèces dont les analogues, dont \e& genres, comme il s'exprime, ne vivent plus aujourd'hui que dans les mers les plus éloignées, a 11 s'en trouve en la Champagne et « aux Ardennes, dit-il, de semblables à quelques ^ espèces d'aucuns genres de pourpres, de buc- <f cins et autres grandes limaces, desquels genres tt ne s'en trouve point en la mer Océane, et n'en « voit-on, sinon parle moyen des nautonier's qui « en apportent bien souvent des Indes et de la u Guinée^. »

Tout cela est d'une sagacité bien remarquable. Mais enfin, il arrive un moment où cette vue, jusque-là si nette, se trouble. Palissy repousse toute idée d'inondation générale, de déluge, de transport des mers sur la terre. 11 se méprend sur la nature des coquilles fossiles, qui sont des coquilles de mer, et point de terre, du moins pour la

i . Œuvres de Bernard Palissy ^ p. 86.

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