SCÈNE PREMIÈRE
LAURENCE, ROQUEFEUILLE.
LAURENCE
Ainsi, même si j'avais eu des enfants, le mariage était nul î
ROQUEFEUILLE.
A coup sûr, leur présence n'y eût rien fait; seulement, la loi, qui est sévère sans être injuste, leur eût reconnu les droits d'enfants légitimes*
LAURENCE
C'est cependant le mariage qui fait les enfants légitimes !
ROQUEFEUILLE, riant.
. Oui, plus souvent que le mari I
Et il n'y avait pas mariage?
ROQUEFEUILLE.
Pardonnez-moi; il y avait, mais il n'y a plus mariage.
LAURENCE
C'est vrai, vous m'avez expliqué... la bonne foi!... Savezvous, mon pauvre Roquefeuille, que si vous ne m'aviez rien dit il y a huit jours, je serais encore variée ?..
UOQUEFEUILIZ.
D'idée, oui; mais de fait, nou! tCt eussiez-vous préféré que Robert fit avant vous l'horrible découverte î
LAURENCE
Oh ! non !
riOQUEFEUILLE.
Et qu'à la première discussion un peu vive?.,.
LAURENCE, « récriant.
Obi
ROQUEFEUILLE,
Eh ! mon Dieu I il faut tout prévoir et lotit craindre dans celte vie! Et prévenus à temps, armés eu guerre, avec l'avantage énorme de l'offensive, il ne tient plus qu'à nous d'écarter le péril avant même qu'on le soupçonne 1
LAURENCE
C'est vrai! Vous êtes un véritable ami, mon cher Roquefeuille ! Vous n'avez pas besoin d'autres papiers que ceux que je vous ai remis ?
Non!
LAURENCE
Les publications?,..
ROQUEFEUILLE.
Sont faites.
LAURENCE
Vous n'avez pas d'autres recommandations à?...
ROQUEFEUILLE.
Vous avez supprimé les journaux ?
LAURENCE
Oui, mais sans trop savoir pourquoi.
ROQUEFEUILLE.
J'ai mes raisons; la presse est si indiscrète. Àvez-voii3 vu hier l'homme de la mairie?
LAURENCE
Non!
ROQUEFEUILLE.
Ah! Ainsi, personne ne se doute de rient
LAURENCE
Si, j'ai cru devoir tout écrire à Léonie.
ROQUEFEUILLE.
Tant pis !
Je suis sûre de sa discrétion.
ROQUEFEUILLE.
J*en serais encore bien plus sûr si elle ne savait rien.
LAUEENCE.
Celait forcé, mon ami ! (imburmée.) J'avais des motifs, des raisons que je ne saurais vous expliquer.
ROQUEFEUILLE.
(Test différent 1
LAURENCE
Chut ! c'est elle !