‹ Onze jours de siègeChapitre 62 sur 74 · ACTE TROISIÈME. OS · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME. OS

ROBERT, te réveillant et se lerait.

Ah ! je crois, parbleu ! que je dormais! QueJ grossier personnage je fais!

LAURENCE

II n'y a par grand mal, mon ami, surtout si vous êtes fatigué !*

aobert.

C'est mon excuse, si je puis en invoquer une !

Avez -vous besoin de quelque chose ?

ROBERT

J'aurais Itesoin de mon lit. (u s'assied «ur le canapé.)

LAURENCE, i paît.

De son lit ! (aaut ) Ne croyez-vous pas qnc cela vous ferait du bien de quitter ces vêlements si lourds T

ROBERT

Je le croirais assez volontiers; mais, vous Tavouerai-je, je me sens si à Taise dans cette excellente causeuse, que le moindre mouvement m'effraye,

LAURENCE

Qu'à cela ne tienne ! Ne suis-je pas là?

ROBERT

Je ne veux pas abuser.

LAURENCE

Au contraire, c'est un plaisir pour moi. Entre jeunes époux, ces petits soins ne sont-ils pas une preuve de len* dresse qu'on aime à se donner?

ROBERT, incrédule.

Oh ! oh !

LAURENCE

Vous en doutez? Voire femme n'est-elle plus voire mena* gère?

C'est très-joli, ce que vous dites là, ma chère Laurence, et je vous fais mon sincère compliment, si vous voyez encore la vie éclairée des reflets de la lune de miel! Mais...

LAURENCE

Biais?...

ROBERT

Vous êtes eu retard; les années se sont écoulées, et ce qui paraissait jadis un jeu charmant et plein de poésie, risquerait fort aujourd'hui de devenir un non sens ridicule.

LAURENCE

Est-ce vous que j'entends ?

ROBERT

Je vous étonne.

LAURENCE

Mats oui, je l'avoue..* lit ce que vous me disiez, il y a trois

jours à peine... (EUe l'aoied ior 1a cause use près de Robert.)

ROBERT, m levant twaitM*

Pardon! r

LAURENCE

Ah!... tous me quittez?...

ROBERT

Non..» mais si on nous surprenait, on nous prendrait peutêtre pour des amoureux !

Eh bien, mon ami T

ROBERT

Eh bien, ce serait un peu inlicttle !

LAIJREKCE.

Ridicule! que tous aimiez votre femme et que votre femme tous aime?

ROBERT

Ai-ie dit cela? En ce cas, je me serai fait bien mal comprendre.

LAURENCE, rfluivée.

Ah!

ROBERT. -

Je vous aime» ma chère Laureu<*e, je vous aime raisonnablement et sérieusement, comme ou doit aimer sa femme, après trois ans de mariage.

laoreuce.

C'est-ft-dire que l'amour ne résiste pas & trois ans de ma* nage, n'est-ce pas?

MBERT.

Cela dépend du régime auquel on Ta sonmis 9 ma chère !.*. D ressemble assez àl'eou que vous placez sur lefcu. Plus le feu est ardent, plus vile l'eau se perd en vapeur 1 Ainsi l'amour...

LAURENCE

En sommes-nous là ?

rouert. Pas encore!

laurekce.

Pas encore est plein de promesses ! ^

EOSSRT.

Mais c v est le sort qui attend l'homme assez fou pour croire la jeunesse éternelle; ne luttons donc pas, et obéissons aux lois de la nature.

LAURENCE

(Test charmant! Cest-à-dùe que...

ROBERT

Cest-l-dire qu*4 l'automne de la vie, il ne faut demander la poésie du printenifis, ni les ardeurs de Tété.

LALRENCE, troablfe.

Ah! Robert, que me dites-vous 14?...

ÀCÎE TROISIÈME. 67

ROBERT

Ce que tous m'avez fait comprendre, si vo$ji ne me Pavez dît, il y a trois jours* J'ai rétK'chi, et j'ai vu combien Vous étiez s^ge !

LAURENCE

Mais non !

ROBERT^ riant.

Mais si !

Etes- vous sûr d'avoir bien compris?

ROBERT

Parfaitement ! Décidément, vous aviez raison ! Ce3 vêtements sont d'un poids... Aussi vais-je suivre voire avis, et en changer!... (il entre à gauche)

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