‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 100 sur 353 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

ce qui était même bien inquiétant, bien enrayant... (Yi.er.oni.) jionr M. le duc d'Aumont, mon mari... et pour moi... mais en (in, il est à Paris depuis ce matin... Je Tai vu, et il revenait, mVt-il dit, avec son jeune général...

LA PRINCESSE

Qui, à ce qu'il paraît, n'avoue pas son retour.

L^ABBÉ

A cause de ses dettes... il en a tant! Il doit seulement, à ma connaissance, soixante-dix mille livres à un Suédois, le comte de Kalkreutz, qui, l'année dernière déjà, aurait pu le faire arrêter et qui y a renoncé, parce que où il n'y a rien...

LE PRINCE

Le roi perd ses droits'

ATHÉNAÏS

L'abbé ne l'aime pas et lui en veut parce que, l'année dernière, il lui faisait du tort dans son état de conquérant... jalousie de métier.

l'abbé.

C'est ce qui vous trompe, duchesse. Je l'aime beaucoup, car, ayec lui, c'est chaque jour une aventure nouvelle, un scandale nouveau, qui rajeunit mon répertoire... cela vous plaît, Mesdames ^

ATHENAÏS.

Fi, l'abbé!

l'abbé.

Vous aimez l'extraordmaire, et chez lui tout est bizarre. D'abord, on l'apiielle Arminius! comment peut-on se nommer Arminius?

LE PRINCE

C'est un nom saxon... tous les savants vous le diront.

Et puis, un autre talisman, il a l'honneur d'être bâtard, bâtard de roi.

LE PRINCE

C'est une chance de succès !

l'abbé.

C'est à cela qu'il doit sa renommée naissante.

ATHÉNAÏS

Non pas, mais à son courage, à son audace! A treize ans, il se battait à Malplaquet sous le prince Eugène; à qualoiz,' ans, sous

42fî ABRIEXNE LECOrVREUR.

Pierre le Grand, à Stralsund... c'est Florestan qui m'a raconté tout cela.

l'abbé.

Il a oublié, j'en suis sûr, son plus bel exploit... au siège de Lille, il a enlevé, il n'avait pas douze ans... il a enlevé...

ATHÉNAÏS

Une redoute!

L ABBÉ

Non, une jeune fille nommée Rosette.

ATHENAÏS^ avec admiration,

A douze ans!

L ABBÉ

Et quand on commence ainii, vous jugez...

ATHÉNAÏS

Eh bien! vous le jugez très-mal, car, dans cette dernière expédition, que l'on dit fabuleuse, et où il vient de se faire nommer duc de Courlande, l'héritière du trône des czars, la fille de l'impératrice, avait conçu pour lui une affection qui ne tendait rien moins qu'à le faire un jour empereur de Russie.

LA PRINCESSE

Et, sans doute^ ébloui d'une conquête aussi brillante, Maurice aura tout employé...

ATHÉNAÏS

Je l'aurais cru comme vous! Pas du tout, Florestan m'a raconté qu'il n'avait rien fait de ce qu'il fallait pour réussir... au contraire, il a laissé voir franchement à la princesse moscovite qu'il avait au fond du cœur une passion parisienne...

LA PRINCESSE, avec émotion.

En vérité !

ATHÉNAÏS

Vous voyez donc bien qu'il ne faut pas toujours croire les abbés... Adieu, princesse.

UN DOMESTIQUE, annonçant.

Monsieur le comte Maurice de Saxe !

ATHÉNAÏS

Ah! il est dit que je ne m'en irai pas aujourd'hui... je reste!

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