‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 142 sur 353 · ACTE m, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE VIII

MAURICE^ lui serrant la main avec joie.

C'est bien. Il faut plus encore... il faut empêcher l'abbé d'entrer dans cette chambre ou d'entrevoir la personne qui s'y trouve, pendant que moi. . (l'honneur et la loyauté me le commandent) je vais tenter, sans que nul s'en aperçoive, de protéger sa sortie, dussé-je gagner ou étrangler le concierge et faire sauter ses verrous !

ADRIENNE

Allez! je veillerai.

MAURICE, avec transport.

Merci, Adrienne !... Merci ! ni sort par le fond.) SCÈNE VIII.

L'ABBE, toujours à table, à gauche ; ADRIENNE, seule sur le devant du théâtre, à droite, puis MICHONNET.

ADRIE^'^"E.

Sur l'honneur! a-t-il dit... sur l'honneur! Maurice ne pourrait pas manquer à un pareil serment... j'ai dû le croire!... sinon... ce ne serait plus lui...

MICHONNET, qui vient de sortir de la porte h droite, s'avance sur la pointe du pied; il dit tout bas.

Adrienne... Adrienne... si tu savais quelle aventure...

ADRIENNE, avec distraction.

Qu'est-ce donc?

MICHONNET, à voix hmei

Ce n'est pas la Duclos !

ADRIENNE, à part, ar je joie.

Il me l'avait dit !

MICHONNET, à voix ha te et riant.

Ce n'est pas la Duclos!

L ABBE, se levant de la table et s'avançant vivement.

Comment, ce n'est pas elle?

MICHONNET, allant au devant de lui.

Silence !... c'est un secret.

l'abbé.

Qu'importe!... nous ne sommes que trois... et je ne compte pas ! je suis muet.

MICHONNET.

C'est ce que chacun dit toujours dans le comit<'', ( l ce[icndant tout (init par.^e savoir.

d<SO ADRIENNE LECOUVREUR.

L ABBE^ vivement.

Ce n'est pas la DuclosJ... et le comte de Saxe qui nous a avoué lui-même que c'était elle... Qui est-ce donc, alors... qui donc?...

MICHONNET.

Je n'en sais rien... mais ce n'est pas elle... je le jure,

l'abbé.

Vous l'avez vue?

MICHONNET.

Du tout !

ADRIENNE, vivement.

C'est bien

Obscurité complète... comme si la rampe et le lustre eussent été baissés; mais j'avais, en entrant, rencontré une manche et une robe de femme, et persuadé, (Ai'abbé.) puisque vous me l'aviez dit, que c'était la Duclos... j'ai abordé sur-le-champ la question, et j'ai demandé, à tâtons, si, pour aider le répertoire, elle consentait à jouer demain Cléopâtre. La main que je tenais a tressailli, et une voix qui m'est inconnue s'est écriée avec fierté : « Pour qui me prenez-vous? » Pour mademoiselle Duclos, ai-je répondu. A quoi on a répliqué à voix basse : « Je suis « chez elle, il est vrai, pour des intérêts que je ne puis dire. » l'abbé.

Est-il possible!

MICHONNET

« Mais, qui que vous soyez, » a continué la personne mystérieuse en baissant toujours la voix, « si vous me donnez les « moyens de sortir à Tinstant de cette maison sans être vue, « vous pouvez compter sur ma protection, et votre fortune est « faite. » Je lui ai répondu alors que je n'étais pas ambitieux, et que si je pouvais seulement être nommé sociétaire... Moi, sociétaire !

l'abbé et ADRIENNE, avec impatience.

Eh bien?

MICHONNET.

Eh bien ! me voilà!... que faut-il faire?

L ABBÉ, passant devant Michonnet et s'avançant vers la pOrteî

Savoir d'abord quelle est cette dame.

ADRIENNE, se plaçant devant la porta.

Monsieur Tabbé, y pensez- vous?

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