SCÈNE VII
Les précédents, UN DOMESTIQUE.
le domestique, annonçant.
Madame la duchesse d'Aumont !
LA PRINCE;SSE, bas, à l'abbé.
C'est le destin qui nous Tenvoie. (AUantau devant d'elle.) C'est vous, ma toute belle !... comme vous êtes aimable de nous venir de si bonne heure... Tabbé et moi nous parlions de vous... nous allions peut-être en dire du mal !...
ATHÉNAÏS, souriant.
Vrai!
L ABBÉ, bas, à la princesse.
Est-ce la même voix?
LA PRINCESSE, bas.
On ne peut pas juger sur un mot... faites-la parler, j'étudierai.
196 ABRTENNE LECOUYREim.
L ABBE^ quittant la princesse et passant de l'autre côté, k droite, pr s a'Athénaîs.
Madame la duchesse tenait tant à entendre uiademoiselle Leçon vreur...
ATHÉNAÏS
Oh! oui...
l'abbé.
C'est un talent... un talent...
ATHÉNAÏS
Fort!
l'abbé.
Tandis que celui de la Du cl os...
ATHÉNAÏS
Nul.
LA PRINCESSE, à part.
[1 paraît que nous n'en obtiendrons pas une phrase entière... (Haut.) Je commence à être de votre avis, duchesse. Pour bien apprécier le charme de mademoiselle Lecouvreur et le naturel de sa diction, il faut avoir essayé soi-même quelques lignes en scène... Tenez, nous devons la semaine prochaine dire des proverbes chez M. le comte de NoaiJles... je joue un rôle...
ATHÉNAÏS
Vous devez bien jouer la comédie, princesse?
LA PRINCESSE
Moi ! non... tout m'embarrasse. Je répétais tout à l'heure avec l'abbé, quand vous êtes venue...
ATHÉNAÏS
Vous déranger?
L ABBÉ, vivement.
Pas le moins du monde
ATHÉNAÏS
continuez... je ne dis plus un mot!
l'abbé, à part.
A merveille !
LA PRINCESSE
Gardez-vous-en bien! Je suis sûre, au contraire, de gagnera vous entendre, ma toute belle, car le difficile, c'est le naturel, c'est de parler simplement, comme Ton parle. J'ai, dans m;i première scène, par exemple, une phrase, la plus simple qu'on puisse réciter, et je n'en puis venir à bout.
ATHÉNAÏS
Vous?