‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 185 sur 353 · ACTE ï, scfcNr; il · texte numérisé non relu

ACTE ï, scfcNr; il

binet. Hier encore, hier, je Tai, à sa prière, nommé mon valet de chambre, et cela ne suffit pas... Voyons!... que te laut-il de plus? que demandes- tu en fait de places?

BABIÉÇA.

Que Voire Majesté m'en ôte une.

CHARLES-QUINT

Par Dieu, et pour la rareté du fait.j* je te l'accorde!

BABIÉÇA;

Comme courrier de cabinet, Votre Majesté me fait voyager de Madrid dans les Pay^-Bas^ de France en Allemagne, et de Naples à Cadix... C'était bon quand j'étais garçon... mais maintenant que je suis marié, sire, et le seigneur Guattinara, notre protecteur, vous le dira, marié à la plus jolie fille et à la plus coquette de tous vos États...

CAARLES-QUINT^ aoufiant.

Qui sont assez étendus, grâce au ciel !

BABIÉÇA.

Ils ne le sont que trop ! et on assure que vous ne songez qu'à les augmenter encore! Que deviendrais-je alors, car je ne puis cacher à Votre Majesté... que je suis jaloux... jaloux*;*

GHARLES-QUIM.

Comme un noble Espagnol !

BABIÉÇA.

Comme un mari qui est toujours en route, toujours absent, et qui chez lui, au retour^ ne peut observer que d'un œil! Aus.^i, Votre Majesté^ qui me croyait ambitieux, comprend bien qu'elle me rend un véritable service en m'ôtant cette maudite place, d'autant que, j'en suis sur, elle m'en dédommagera d'une autre manière.

CHARLES-QUlNT.

Nous y penserons... Prépare ma toilette. Je te suis.

BABIÉÇA, se dirigeant vers le cabinet à gauche.

Oui, sire*

GUATTINARA, d'un air inquiet et à demi-Toix.

Votre Majesté compte donc lui accorder...

CHARLES-QUINT, de même.

Moi, le ciel m'en préserve! Un courrier de caninel jaloux.i. c'est un trésor!... il est toujours pressé de revenir... et je ne trouverai jamais mieux!

BABIEÇA, prêt à entrer dans la clia^rbie du roi, revient sur ses pas.

Ah! mon Dieu!... sire!... j'oubliais... Ce n'est pas pour moi... cette fuis... c'est de la part de la princesse Marguerite...

CHARLES-QUINT

Eh ! parle donc vite... c'est par là qu'il fallait commencer.

BABIFÇA.

J'ai préféré commencer par moi. (Présentant une lettre.) Non pas que cette noble dame ne soit si gracieuse que dès qu^elle vous sourit^ on se sent gagner le cœur... et elle sourit toujours!

GUaTTINARA.

Quand je vous disais, sire, qu'elle les a tous ensorcelés, jusqu'aux valets de chambre I

BAB1ÉÇA.

Je lui dois tant !... L'autre jour, encore, elle m'a dit, en jetant un coup d'œil sur le capitaine des hallt-bnrJiers, mon ami intime : « Quoi ! Babiéça ne voit pas qu'on fait la cour à sa femme?... »

GUATTINARA, vivemen*.

Le capitaine des hallebardiers!...

BABIÉÇA.

C'était vrai.

CHARLES-QUlNT, qui vient de parcourir la ïellre,

0 ciel!

GUATTINARA.

Qu'est-ce donc, sire?

CHARLES-QUINT

Elle me demande un sauf-conduit pour repartir, c'est-à-dire pour renverser toutes mes combinaisons !... (Se promenant avec agita- ;ion.) Conçoit-on qu'elle veut quittei- F Espagne, si je ne lui laisse voir son frère, si je ne m'entends pas aujourd'hui pour sa rançon et sa liberté...

GUATTINARA, avec intention.

J'avais raison de dire... que la princesse Marguerite troublerait... non-seulement toute la cour... mais Tempereur luimême...

CHARLES-QUINT, avec hauteur.

Qu'elle parte!... qu'elle parle... j'y consens... Fais toi-même ce siuf-cor.duit... mais qu'elle parte! Car les femmes, Guattinara, si ce n'étaient que fausseté, coquetterie ou tr;ihi~on... passe encore!... Mais cela occupe, oui, cela occupe... et c'est un

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