‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 188 sur 353 · ACTE \, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE \, SCÈNE IV

ISABELLE

Non... mais elle m'amuse! et puis elle me t'ait toujours de si jolis cadeaux! regardez, que ce missel est beau!... que ses or- Tieriients sont élégants !

GUATTINARA.

Défiez-Yous d'elle!

ISABELLE

C'est singulier, elle m'a dit la même ctiose de vous.

GUAITINARA, à part.

Ah ! c'est bon à savoir! (a demi-voix.) En revenant de la chapelle avec l'empereur, Votre Allesse pourrait le remercier de ma nomination de ministre, qui a produit le meilleur effet. Votre Altesse ponrrait ajouter qu'elle a reçu des lettres du roi Emmanuel son oncle...

ISABELLE, naïvement.

Ce n'est pas vrai !

GUATTINARA.

C'est égal... et qu'il lui serait agréable... ainsi qu'à vousmême... que le roi d'Espagne m'accordât son ordre de la Toison-d'Or, complément de ma dignité! (Vivement et à voix basse, voyam Wai-uerite qui se lève.) Mais la prlucesse Marguerite nous regarde et nons écoute peut-être!

ISABELLE

Elle n'en a pas l'air !

GUATTINARA*

Raison de plus... (Affeciam de parier à haute vols.) Oul, Madame, Sa Majesié se flatte de voir Votre Altesse ce matin à la chapelle du palais, et demain, ce sont ses propres paroles^ à la réception qui aura lieu dans vos petits appartements.

ISABELLE, avec terreur.

Ah! par sainte Isabelle, ma patronne, que vais-je devenir?

MARGUERITE, s',ipproe!iant viveinëhl.

Qu'est-ce donc, ^ladame, qui cause le trouble où je vous vois?

ISABELLE

Comment, vous n'entendez pas? l'empereur qui nous demande pour demain une soirée intime?... quel divertissement lui donner...

MARGl; .1ITE.

Le fait est qu'en sa qualité de roi... il est plus difficile qu'un autre à amuser.-.* mais en y mettant de l'amour-propre, il est impossible qi'.c nous n'en venions pas à notre honneur, nous lui

ferons de la musique... et si vous le voulez même, je vous donnerai lecture d'un conte que je viens de terminer... et dont le titre piquera peut-être la curiosité de Sa Majesté et de nos jeunes seigneurs.

ISABELLE

Vous rappelez?...

MARGUERITE

Ce qui plaît aux dames.

ISABELLE

Me voilà sauvée!... Ah ! que vous êtes bonne, fÉtourdiment.i quoi qu'on en dise...

MARGUERITE, regardant Guattinara qui fait un geste pour empêcher Isabelle de parler.

Quoi qu'on en dise!... voilà, seigneur Guattinara, une déclaration de guerre... qui doit venir de vous.

GUATTIiNARA.

Votre Altesse méjuge mal; elle n'a pas auprès de l'empereur, de serviteur plus dévoué à ses intérêts.

MARGUERITE, d'ua air railleuf.

Eu vérité...

GUATTINÀRA.

Je puis vous le prouver !

MARGUERITE, de même.

Eh! mais, vous êtes assez habile pour cela!

GUATTINARA.

Votre Altesse avait fait remettre ce matin par Babiéça une demande que Sa Majesté paraissait peu disposée à accorder... et c'est moi qui, par mes instances... ai déterminé l'empereur à consentir à votre départ.

MARGUERITE, à part.

0 ciel !

GUATTINARA.

Il m'a chargé de vous annoncer que vous pouviez dès aujourd'hui quitter Madrid... aussi je vais faire préparer le sauf-conduit dont vous avez besoin, et j'aurai l'honneur de le remettre

moi-même à Votre Altesse! (Il salue Marguerite et »ort parla porte à gauche, tandis qu'Isabelle et ses femmes sortent par le fond.) •

Page 1