‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 190 sur 353 · MARGUERITE, HENRI D'ALBRET · texte numérisé non relu

MARGUERITE, HENRI D'ALBRET

HENRI, s'inclinant devant elle.

Madame... Madame!... je vous revois enfin!

MARGUERITE

Vous dans ce palais!... vous, Henri, que je croyais toujours hlcssé et prisonnier.

HENRI

Je suis guéri... je suis libre, et j'accours à Madrid uour solliciter...

MARGUERITE

Quoi donc?...

HENRI

La faveur d'être remis en prison avec le roi.

Est-il possible!

HENRI

Ce n'est pas aisé, je le sais, mais avec des protections! ! !... et j'en ai ! vous d'abord. Madame Marguerite! Gentilhomme de votre maison, je suis à vous, à Votre Altesse Royale... je vous appartiens plus qu'au roi votre frère, et quand j'ai su que vous étiez à Madrid... je me suis dit : J'irai! la princesse fera bien quelque chose pour un fidèle servit"ur.

MARGUERITE

Eh! mon pauvre d'Albret, je ne nuis rien pour moi-même... je

n'ai pu encore parvenir jusqu'au roi, et si vous avez des protections^ dites-le-moi vite... je ne suis pas fière, j'en userai! •

HEKRI.

Vous, grand Dieu !

MARGUERITE

Dans la position où nous sommes... tout peut servir... il ne faut rien négliger... Voyons, parlez!

BENRI.

Vous savez, Madame, ce jour où, à Fontainebleau, j'écrivais sous voire dictée ce conte si intéressant et si vrai, où un pauvre genlilhomme voudrait, au prix de son sang, mériter seulement un regard d'une graade dame.

MARGUERITE

Je ne me rappelle pas.

A telles enseignes que ce conte ii'était pas fini... et pour en connaître le dénuûment... je vous dis : « A demain, n'est-ce pas, ]\].;dame? » Mais Votre Altesse m'arrêta d'un regard triste et sévère en me répondant : « Non^ pas demain, Henri, car demain « tous les gentilshôinmes partent pour la guerre avec le roi de « France.» Alors le soir j'écrivis à ma mère, au Béarn, pour qu'elle m'envoyât sa bénédiction, et le lendemain je vins, avant de partir, demander les ordres de Votre Altesse...

MARGUERITE

C'est vrai!

UEÎSRI.

Et Votre Altesse me dit : « Veillez sur le roi, mon frère, et ne le quittez pas. » Je me suis battu à Pavie à ses côtés; j'ai été blessé auprès de lui, et fait priseimier avec lui... Vous l'a-t-il écrit. Madame?

MARGUERITE

Ah ! tant de malheurs, tant de souffrances Tont accablé depuis ce jour... fatal.

HENRI

Qu'il m'a oublié! (Avec douleur.) Je ne lui demandais qu*une chose! qu'il vous apprît que vos ordres avaient été exécutés... Ah ! ks princes sont tous des ingrats !

JIARGUERITE, le regardant en souriant.

Et les princesses?...

HENRI

Ah !... j'en connais de si fières et de ^i terribles, qu'elles n'ac-

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