ACTE II, SCÈNE YÏI
HENRI, vivemen
Sa Majesté a raison.
FRANÇOIS l^"", de même.
N'est-ce pas? Tu me comprends, toi!
MARGUERITE
Allons! voilà le chevaleresque qui s'en mêle!... 0 maudit orgueil masculin ! Pour un motif aussi frivole, aussi absurde, faire manquer un projet superbe ! uhe évasion si bien combinée !
(^'approchant de la corbeille, à droite, et y cueillant plusieurs fleurs.) GnercheZ
donc et trouvez mienx! (Se jetant dans un fauteuil.) Moi, je ne m'en mêle plus!
Comment faire, sire, comment faire?
FRANÇOIS, i".
Dieu nous viendra en aide ! Dieu, ou mon bon ange.
3IARGUERITE, arrangeant les fleurs pour s'en faire un bouquet.
0 ciel!... au milieu de cette fleur je crois apercevoir... un petit papier roulé...
FRANÇOIS I*'", poussant un cri.
Que disais-je!... ce sera de mon inconnue...
MARGUERITE, lui présent' iit le papier qu'elle vient de retirer.
A vous, sire !
FRANÇOIS 1®', lisant le papier qu'il vient de dérouler.
«Derrière la statue de la Madone, vous trouverez, puisse-t-il (( vous être utile, un souvenir, un présent, auquel je travaille « en secret, depuis trois mois. » Son portrait!...
MARGUERITE
La belle avance !
HENRI, qui a plongé sa main derrière la Madone»
Non!... une échelle de soie
MARGUERITE
Cela vaut mieux !
HENRI
Et une clé... avec une étiquette : (Li»ant.) « Clé de la grille du balcon.»
FRANÇOIS, montrant le balcon à gauche.
La fenêtre grillée de ce balcon... donne sur une plate-forme de l'autre côté du Mançanarès.
HENRI
Voilà ce qu'il nous faut, sire !
260 LiiS CONTES LE LA P.ETXE DE XAVARUE.
FRANÇOIS l^^
Un chemin proposable.
MARGUERITE
Où il y a de quoi se tuer... Je m'y oppose! les sentinelles placées sur le bastion de droite vous apercevront descendre !
FRANÇOIS i^-.
Il fait nuit î
MARGUERITE
Il vous entendront!... ils tireront sur vous
Ils me manqueront! et d'ailleurs des arquebusades... cela me va!... cela me convient, je suis chez moi... hàtons-nous de partir!... (A Henri qui vient de s'é.lancr sur le balcon.) Vois si CetlC clé OUVrC
la grille?.... (a .Marguerite.) Rassurc-toi, ma bonne sœur, dans quelques instants je serai au pied de cette tour... et grcàce à tes soins, à la voiture, aux relais, au sauf-conduit... (a Henri.) Eh bien?
HENRI, sortant du balcon
La grille est ouverte!
FRANÇOIS 1 , eml ra-sant sa sœur et se dirigeant \ers le oaicon.
Adieu... adieu, ma mignonne... ma bien-aimée Marguerite!
MARGUERITE, le suivajit.
Prenez bien garde, sire!...
FRANÇOIS l®*", déjà sur le balcon et s'adressant à d'AlbreW
Déroule Téchelle, pour que je puisse rattacher.
MARGUERITE
Bien solidement !
FRANÇOIS l®'.
N'aie pas peur.
MARGUERITE
Non, je n'ai pas peur... mais dépêchez... dépêchez-vous. 0 ciel!... j'entends des pas... on monte... on vient... la porte
sV)UVre... rentrez! (Elle rererms virement les deux battants de la croisée. François 1" reste en dehors sur le balcon. Henri jette à terre dans un coin l'échelle qu'il Couimençaii à dérouler. La porte du fond s'ouvre.