‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 213 sur 353 · ACTE II, SGÈ^'E VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SGÈ^'E VIII

CHARLES-QUINT

M'informer moi-même d'une santé qui m'est ciière et précieuse. Comment se trouve mon frère, le roi de France?

Beaucoup mieux, sire.

CHARLES-QLIIST.

Vous me répondez de ses jours?

MARGUERITE

Oui, sire !...

CHARLES-QUINT

Dieu soit loué!... car j'ai éprouvé, je ne vous le cache pas, un moment d'inquiélude terrible !

MARGUERITE

Par malheur... il est encore trop faible pour recevoir l'honneur de votre visite.

CHARLES-QUINT

Voilà qui est fâcheux! j'aurais été heureux d'avoir enfin avec lui, sans étiquette, sans cérémonies, et en bons frères, celte entrevue depuis si longtemps désirée. Il faudra bien, et contre notre gré, remettre à une autre fois...

MARGUERITE, avec émotion.

Oui... sire... partons... car l'air que l'on respire ici... m'oppresse !

CHARLES-QUINT, aux officiers.

Aussi nous donnerons des ordres pour que le roi de France soit transporté, dès que sa santé le permettra, dans un appartement plus convenable!

MARGUERITE

J'en remercie Votre Majesté... mais partons...

CHARLES-QUINT, ofliant la main à Marguerite et faisant quelques pas avec elle pour sortir.

Une personne., . contre qui vous avez de grandes préventions... me demandait tout à l'heure bien vivement des nouvelles du roi...

MARGUERITE

Qui donc, sire?

CHARLES-QUINT

Un Français... le connétable de Bourbon!

.MARGUERITE, voyant la fenêtre du balcon qui s'agite légèrement et parlant à deraî-voix à Charles-Quint.

Sire, au nom du ciel, ne prononcez pas ici ce nom !

CHARLES-QUINT

Et pourquoi?

MARGUERITE

Si mon frère Tentendait ! ...

CHARLES-QUI?iT, baissant la voir.

C'est juste!... je me taisl mais vous conviendrez vous-même que la cour de France a eu envers lui des torts...

MARGUERITE, faisant un geste d'effroi en voyant la fenêtre du balcon qui s'entt'ouvre.

Des torts!...

CHARLES-QUINT, de même.

Il y a même ingratitude... car enfin, à la bataille de Favie, il me l'a dit, c'est lui qui a épargné les jours du roi.

FRA>Ç01S I®"^, piiussant vivement la croisée et paraissant sur le bord du balcon. lien a menti ! (Mouvement générai.)

Dieu ! le roi de France !

FRANÇOIS i".

Lui-même ! aussi bien, et fut-ce au milieu de nos ennemis, nous aimons à paraître!

CHARLES-QUINT, avec colère.

Cette grille ouverte!... une évasion!... (Regardant Marguerite.) au moment où je me confiais à votre loyauté... (Regardant François 1er ) à votre honneur!

Étais-je donc prisonnier sur parole, et vous ai-je jamais donné la mienne ? Non ! j'ai conservé tous les droits de l'opprimé contre l'oppresseur, et du captif contre son geôlier.

CHARLES-QUlNT.

Soit ! et puisque c'est vous qui Tavez voulu, conservons nos

rôles! (Faisant un pas pour sortir.) Adicu!

MARGUERITE, se plaçant au devant de Charles.

Non, sire, non! Votre iMajesté n'acceptera jamais un rôle indigne d'elle ! Ce projet de fuite, qui vous blesse, c'est moi .';eule qui venais de l'imaginer; le roi, qui le repons-alt, n'a cédé que vaincu par mes prières, et le ciel, qui souvent nous protego malgré nous, n'a pas voulu que ce dessein insensé fût exécuté par moi, pour vous réserver à vous, sire, une plus digne et pUi^ noble tâche.

CHARLES-QUl^T.

Que dites-vous?

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