ISABELLE ET ÉLÉONORE
Comment cela?
MARGUERITE
Trois femmes qui ont mis une chose là... (Montrant son front.) peuvent tout braver, tout défier; rien ne leur résiste... quand elles s'entendent!... Par malheur... elles ne s'entendent presque jamais!...
ISABELLE
Ici cependant... même en étant d'accord, je ne vois pas de moyen...
MARGUERITE
C'est ce qui vous trompe... Ce serait plus facile encore à vaincre (a demi-voix.) que les dangers de ce matin
ISABELLE, de même.
Nofre secret à nous deux.
MARGUERITE
Si je pouvais seulement dire quelques mots à Eléonore, sans crainte d'être interrompue ou surprise... par Tempereur...
ISABELLE
N'est-ce que cela?... Parlez vite... je veille sur vousl
MARGUERITE
Bien! très-bien !
ISABELLE
Après le service que vous m'avez rendu ce matin...
MAU.'jLERlTE, gaiement et montrant Isabelle.
Ah!... Un bienfait n'est jamais perdu ! (isabeiie s'est rapprochée de u
perle de gauche, regarde et écoute si jjersonne ne vient. Pendant ce temps-là, Marguerite est sur le devant du théâtre à droite, près d' Eléonore.)
MARGUERITE, à voix basse, à Eléonore.
Eléonore... protectrice invisible!... ange gardien qui avez sauvé mon frère...
ELÉONORE, poussant un cri et se cachant la tête dans ses mains.
Ah!... je suis perdue!...
ISABELLE, vivement et de la porte.
Qu'est-ce donc?...
MARGUERITE, à Isabelle.
Rien... ça commence... (S'adressant vivement à Eléonore.) Nc tremhlcz pas!... ne rougissez pas devant moi, sa sœur, comme vous malheureuse, et dévouée comme vous!... devant moi, qui ne rêve que votre bonheur à tous deux.
ELÉONORE, vivement.
Que dites-vous?
ISABELLE, près de la porto.
Qu'ya-t-il?
MARGUERITE, à Isabelle.
Cela va déjà mieux! (a Éiéonore.) Oui, si pour me venger de vos dissimulations et de vos mystères, cet amour qui naquit dans l'ombre pouvait, grâce à moi, apparaître au grand jour; si vou3 aviez le droit de l'avouer et d'en être fière!...
ELÉONORE
Moi ?... Ah î tout mon sang pour un sort pareil!...
ISABELLE, de même.
Eh bien ?... ch bien?...