‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 296 sur 353 · ACTE I, SCÈ.XE XI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈ.XE XI

encore... rétais si en colère... c'est-à-dire si ingrate!... ce pauvre jeune homme à qui je dois la vie !

Qu'est-ce que cela signifie?

LÉONIE, revenant à elle.

C'est une aventure si étonnante... ou plutôt... si heureuse!

Imaginez-vous, matante, que Charles (Se reprenant.) non,

M. Henri non je disais bien! Charles..... ce pauvre

Charles...

LA COMTESSE, vivement.

Tu sais tout?

LÉONIE, avec joie.

Eh î oui, sans doute !

LA COMTESSE, avec effroi.

0 ciel !

LEONIE, vivement et se levant du canapé.

Je me tairai, ma tante, je me tairai, je vous le jure... Je vous aiderai à le protéger, à le défendre... j'y suis bien forcée maintenant... ne fût-ce que par reconnaissance...

LA COMTESSE, avec impatience.

Mais tout cela ne m'explique pas...

LÉONIE, avec joie.

C'est juste... il me semble que tout le monde doit savoir... et il n'y a que moi... c'est-à-dire nous deux... Voilà donc que nous galopions dans le parc avec mon oncle, quau'i tcjt à coup son cheval prend peur, la ponette en fait autant et m'emporte du côté du bois. Déjà ma jupe s'était accrochée à une branche; j'allais être arrachée de ma selle, et traînée peut-être sur la route, quand Charles... M. Charles, se précipite à terre, se jette hardiment au devant delà ponette, l'arrête d'une main, me retient de l'autre, et me dépose à moitié évanouie sur le gazon.

LA COMTESSE

Brave garçon!

LÉOME.

Et malgré cela j'étais d'une colère...

LA COMTESSE

Tu lui en voulais de te sauver?

LEOME.

Non pas de me sauver, mais de me sauver avec si peu de respect! imaginez-vous, matante, qu'il me promut k'S uiaiiis pour me les réchauffer... qu'il me faisait respirer un flacon... je vous

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dem nde si un domcsiique doit avoir un flacon... et qu'il répétait sans cesse comme il aurait fait pour son égale... Pauvre enfiuU! pauvre enfant!... Je ne pouvais pas répondre, parce que j'étais évanouie... mais j'étais très-en colère en dedans. Et lorsqu'on ouvrant les yeux, je le trouvai à mes genoux... presque aussi pâle que moi, et qu'il me tendit la main en me disant ■-. Eh bien! chère demoiselle, comment vous trouvez-vous?... mon indignation fut telle que je répondis par un coup de cravac'iie dont je frappai la main qu'il osait me tendre... puis je fondis en larmes... sans savoir pourquoi...

Là COMTESSEj avec un commencement d'inquiétude.

Eh bien, après?

LÉONIE

Après?... Jugez de ma surprise, de ma joie, quand je le vis se relever en souriant... découvrir sa tète avec une grâce charmante, et me dire, après m'avoir saluée ; Que votre légitime orgueil ne s'alarme pas de ma témérité. Mademoiselle; celui qui a osé tendre la main à mademoiselle de Villegontier, ce n'est pas Charles, le valet de chambre, c'est M. Henri de Flavigneul, le proscrit.

LA COMTESSE

Ah ! le malheureux ! il se perdra !

LÉOKIE.

Se perdre, parce qu'il m'a confié son secret!

LA COMTESSE

Qui me dit que tu sauras le garder?

LÉONIE

Vous croyez mon cœur capable de le trahir!..,

LA COMTESSE

Le trahir!... Dieu me garde d'un tel soupçon!... mais c'est ta bonté même, ce sont tes craintes qui te trahiront !

LÉONIE, avec élan.

Ah! ne redoutez rien... je serai forte... il s'agit de lui!

LA COMTESSE, vivement.

De lui !

LÉONIE, avec abandon.

Pardonnez-moi!... Je ne puis vous cacher ce qui se passe dans mon âme... iMais pourquoi vous le cacher, à vous? Eh bien, oui, une force, une joie ineffable remplissent mon cœur tout entier... J'étais si malheureuse depuis quinze jours; je ne pouvais m'expliquer à moi-même ce que je ressentais... ou plutôt je ï\6

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