ACTE 11^ SCÈNE TX
pas... mon expédition va me couvrir de ridicule... sans compter que le crédit delà comtesse est considérable et qu'elle peut me perdre... Si je repartais?... oui, mais s'il est ici! si une heure après mon départ la comtesse fait passer la frontière à M. de Flavigneul, me voilà perdu de réputation... Ah! j'en ai la tète tout en feu !
HENRI
Si monsieur le baron voulait des rairaicnissementst
MONTRlCflARD.
Va-t'en au diable ! :
tiENM. 1
Oui;, monsieur le baron.
MONTRICHARD
Attends... Quelle idée!... oui! (a Henri.) Venez ici et regardezmoi? (Il boit. Mais après ravoir examiné.) Vous ue me scmblez pas aussl niais que vous voulez le paraître...
HENRI
Monsieur le baron est bien bon!
MONTRICHARD
L'air vif, l'air fin...
HENRI, à part.
OÙ veut-il en venir?
MONTRICHARD, après un moment de silence.
Votre maîtresse vous a bien maltraité tout à l'heure...
Oui, monsieur le baron.
MONTRICHARD
Est-ce qu'elle vous soumet souvent à ce régime-là?
HENRI
Tous les jours, monsieur le baron.
MONTRICHARD
Et combien vous donne-t-elle de surcroît de gages pour ce supplément de mauvaise humeur?
HENRI
Rien du tout, monsieur le baron.
MONTRICHARD
Ainsi mal mené et mal payé? (Changeant de ton.) Mon garçon, veux-tu gagner vingt-cinq louis?
HENRI
Moi, monsieur le baron, comment?
MOMRICHARD.
Le voici!... (Mystérieusement.) M. Heiîri de FlavigQeul dolt être caché dans ce château.
HENRI
Ah:
MOMRICHARD.
Si tu peux me le découvrir et me le montrer... je te donne vingt-cinq louis.
HENRI, riant.
Rien que pour vous le montrer? monsieur le baron...
MONTRICHARD
Pourquoi ris-tu ?
HENRI
C'est que c'est de l'argent gagné !
MONTRICHARD
Est-ce que tu sais quelque chose?
HENRI
Un peu, pas encore beaucoup, mais c'est égal!... ou je me trompe fort, ou je vous le montrerai...
MONTRICHARD
Bravo!... tiens, voilà un louis d'avance!
HENRI
Merci, monsieur le baron.
MONTRICHARD
Et maintenant va-t'en, de peur qu'on ne nous soupçonne de connivence... la comtesse est si fine!...
HENRI
Oui, monsieur le baron... (Revenant.) Monsieur le baron... si je tâchais de me faire attacher par madame à votre service, nous pourrions plus facilement nous parler...
Très-bien!... je vois que je ne me suis pas trompé en te choisissant.
HENRI
Merci, monsieur le baron, (ii sort.) SCÈNE X.
MONTRICHARD, seul.
Et d'un allié dans la place! Ce n'est pas maladroit ce que j\ii fait là... cela vous apprendra à gronder vos gens devant moi, ma-