ACTE II; SCÈNE XI
MONTRICHARD, souriant.
Calmez-vous, Mademoiselle, calmez-\ous! ce sont là de pures suppositions... car je suis cerlain que M. de Flavigneul n'est pas ou n'est plus dans ce château.
LÉOME.
Et vous avez bien raison !
M0!STRICHARD.
Aussi, par pure formalité, et pour acquit de conscience... (Souriant.) jc uc veux pas ftvoir dérangé tout un escadron pour rien... (L'observant.) je vais faire fouiller les bois environnants par les dragons.
LÉONIR, tran juillement.
Faites, monsieur le baron.
MONTRICHARD, à part.
11 n'est pas dans les bois .. (ALéonie.) Visiter les combles^ les placards, les cheminées du château <..
LÉONIE, de même.
C'est votre devoir, monsieur le baron.
MONTRTCHARD, à part.
Il n'est pas caché dans le château !... (ALéonie.) Enfin, interroger, examiner,- car il y a aussi les déguisements... (Léonie fait un mouvement. A part.) Elle trcssaillc I ... (Haut.) lutcrroger donc, toujours par pur scrupule de conscience... les garçons de ferme... (A part.) Elle est calme! (a Léonie, et robservant.) Lcs houimcs de peine, les domestiques... (a part.) Elle a tremblé. (Haut.) Et enfin... ces formalités remplies, je partirai avec regret, puisque je vous quitte, mesdames, mais heureux cependant de ne pas être forcé d'accomplir id mon pénible devoir...
LÉOME, avec agitation.
Comment, monsieur le baron, quel devoir?
MOKTRICHARP.
Mais, vous ne l'ignorez pas. M, de Flavigneul est militaire, et je devrais l'envoyer devant un conseil de guerre.
LEOME, éperdue.
Un conseil de guerre !... mais c'est la mort!...
MONTRICHARD
La mort... non; mais une peine rigoureuse!
LÉONIE
C'est la mort, vous dis-je!... vous n'osez me l'avouer! mais j'(.n suis certaine!... La mort pour lui! oh! Monsieur, Monsieur, je tombe à vos genoux ! grâce!... il a vingt-cinq ans! il a une
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mère (\m mourra s'il meurt ! il a des amis qui ne vivent que de sa vie! grâce !... il n'est pas coupable, il n'a pa,s conspiré... il me Ta dit lui-même... ne le condamnez pas. Monsieur, ne le condamnez pas!...
MONTRICHARD, à Léonie.
Pauvre enfant! (a pan.) Après tout, c'est mon devoir. (Haut.) Prenez garde. Mademoiselle. . vous me parlez comme s'il était en. mon pouvoir!... Il est donc ici?...
LÉONIE, au comble de Tangoisse.
îci !... je n'ai pas dit...
MONTRICHARD
Non, mais quand j'ai parlé d'interroger les domestiques du château, vous avez pâli...
LÉONIE
Moi !...
MONTRICHARD
Vous VOUS êtes écriée : 11 me l'a dit lui-même !...
LÉONIE
Moi!...
MONTRICHARD
A rinstant, vous me disiez : Ne l'arrêtez pas!...
LÉONIE
Moi !... (Apercevant Henri qui entre, elle pousse un cri terrible et reste éperdoe, la têle dans ses deux mains.)
HENRI, à ce cri et apercevant Montrichard, va à lui et vivement à voix batsa.
Je suis sur la trace !
MONTRICHARD, bas,
Et moi aussi.
HENRI
Il est dans le château.
Je viens de rapprendre.
HENRI
Sous un déguisement.
MONTRICHARD, bas.
Bravo ! (Voyant (lue Léonie a relevé la tête et le regarde.) SileriCG !... (S'np-
prociiant de Léonie) Je VOUS vois si émuc, si troublée, Mademoiselle, que je craindrais que ma présence ne devînt importune... Je me retire... (a Hemi, en s'cioignant.) Veille toujours, et qu'il ne sorte pas d'ici.