ACTE m, SCÈNE II
conspirateurs et d'arrestations, j'étais là à faire dos châteaux en Espagne... de catastrophes... je me figurais un pauvre proscrit condamné à mort.
DE GRIGNON
Et vous étiez le proscrit.
LA COMTESSE
Non, au contraire, c'est à moi qu'il venait demander asile.
DE GRIGNON
C'est bien aussi...
LA COMTESSE
Il m'apprenait qu'il avait une mère, une sœur.;.
DE GRIGNON
Comme c'est vrai !
LA COMTESSE
Et soudain voilà des soldats qui entourent le château en m'ordonnant de leur livrer mon hôte...
DE GP.IGNON, se levant.
Le livrer... jamais!
LA COMTESSE
Comme nous nous entendons!... Ils me menaçaient presque de la mort!...
DE GRIGNON
Qu'importe la mort! surtout si celle que l'on aime est là pour vous encourager, pour vous bénir... Ah! comtefése, quand je fais de tels rêves, avec vous pour témoin, mon cœur bat, ma tète s'exalte...
LA COMTESSE, souriant.
Peut-être parce que c'est un rêve!...
DE GRTGNON.
Quoi! vous doutez qu'en réalité... Mais que faut-il donc pour VOUS convaincre? Ce matin, j'ai failli, pour vous, me jeter au milieu des flammes... ce soir, je voudrais vous voir dans un péril mortel pour vous en arracher ou le partager avec vous...
LA COMTESSE
Quelle chaleur!...
DE GRIGNON
Ah ! vous ne le coimais>ez pas ce cœur qui vous adore, vous ne savez pas de quel sacrifice, de quel dévouemerit l'amour le rendrait capable... Oui... je n'adresse au ciel qu'une prière, c'est qu'il m'envoie une occasion de mourir pour vuus!
LA COMTESSE
Eh bien! le ciel vous a entendu.
DE GRIGNON
Comment?
LA COMTESSE
Cette occasion que vous imploriez, il vous l'envoie!
DE GRIGNON
Hein?
LA COMTESSE
Chailes, mon valet de chambre, que vous avez vu arrêter, n'est pas Charles ; c'est M. Henri de Flavigneul.
DE GRIGNON
Quoi!...
LA COMTESSE
M. Henri de ^Flavigneul, condamné à mort comme conspirateur.
DE GRIGNON
Ciel!
LA COMTESSE
Et vous pouvez le sauver !...
DE GRIGNON
Comment?...
LA COMTESSE
En vous mettant à sa place.
DE GRIGNON
Pour être fusillé!...
LA COMTESSE
Non!... cela n'ira pas jusque-là; mais, pendant quelques instants seulement, il faut consentir à passer pour lui, à vous faire arrêter pour lui...
DE GRIGNON
Ah! permettez, Madame, permettez... j'ai dit tout pour vous!... Mais pour un inconnu... pour un étranger...
LA COMTESSE
Pour un proscrit!...
J'entends bien !
LA COMTESSE
Dont je suis la complice... dont je dois défendre les jours au péril des mien?, et vous hésitez?.,.