‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 336 sur 353 · ACTE TIT, SCÈNE Y · texte numérisé non relu

ACTE TIT, SCÈNE Y

LA COMTESSE

Je VOUS assure, monsieur le baron...

LÉONIE

Oh! oui, nous vous assurons...

MONTRICHARD

Alors^ c'est différent; et puisque vous m'assurez toutes deux que ce garçon est votre valet de pied... je ne l'interrogerai pas...

non... je ràrrète... (U remonte au fond.)

DE GRIGNON, bas.

Ah! comtesse...

LA COMTESSE, bas.

Tout va bien! nous sommes sauvés. La lettre... tirez laleltrc de votre poche...

DE GRIGKON, bas.

Comment?

LÀ COMTESSE, bas.

Et, rendez-la-moi.

MONTRTCHARD, à la comtesse.

Eh bien!... (Redescendani.) que dites-vous de mon idée?

LA COMTESSE, avec un embarras feint.

Je dis, je dis, monsieur le baron que c'est pousser assez loin la raillerie... et que vous ne me priverez pas d'un serviteur qui m'est utile...

M0>'TRICHARD.

C'est que j'ai dans la pensée qu'il peut m'être fort utile aussi...

LA COMTESSE, se rapprocliant de de Grignon.

Vous ne le ferez pas !

MONTRICHARD

Pourquoi donc?

LA COMTESSE, avec un embarras croissant et se rapprochant lonjours de de Grignon. Parce que... parce que... (Bas à de Grignon.) La lettre... (Haut.)

Parce que... cet homme est chez moi... est à moi... que j'en réponds... (Bas, à de Grignon.) La lettre, OU VOUS ÔtCS pcrdu ! (De Grignon lire la lettre de son habit et va pour la lui remutlre.)

MOMRICHARD, qui a tout suivi des yeux, s'approchant vivement.

Ce papier ! je vous ordonne de me remettre ce papier. Monsieur...

LA COMTESSE, avec l'accent le plus troublé, à de Grignon.

Je vous le défends !

iOÏ BATAILLE "DE DAMES

MONTRICHARD, vivement.

Toute résistance serait inutile... Monsieur... ce papier...

DE GRIGNON

Le voici. Monsieur.

LA COMTESSE, se cachant la tête dans les deux mains.

Le malheureux, il est perdu!

DE GRIGNON, à part.

J'aimerais mieux être ailleurs !

MONTRlCHARDj lisant l'adresse, puis le commencement de la lettre.

« A Monsieur Henri de Flavigneul! Mon cher fils...» [u s'arrête,

cesse de lire, remet la latre à de Grignon, Avec solennité. ) « MonsicUr Henri

« de F.avigneul, au nom du roi et de la loi, je vous arrête.»

(Il remonte au fond.)

LÉONIE, qui a tout suivi, poussant un cri de joie.

Ah!... quel bonheur!

LA COMTESSE, bas, à Léonie.

Pleure donc!...

MONTRICHARD, au dragon.

Emparez-vous de Monsieur.

LA COMTESSE

Monsieur le baron, je vous en supplie...

MONTRICHARD

Je ne connais que mon devoir. Madame. (Au dragon.) Conduisiez Monsieur dans la pièce voisine... constatez son identité, sa déclaration suffira, et après, vous connaissez mes instructions...

(Le dragon fait signe que oui.)

DE GRIGNON

Que voulez-vous dire?

MONTRICHARD, à de Grignon.

Adieu, brave et malheureux jeune homme, croyez que vous emportez mon estime... et mes regrets...

DE GRIGNON

Permettez... Monsieur... permettez!...

MONTRICHARD, au dragon.

Emmenez-le...

DE GRIGNON

OÙ donc ? (La comtesse lui serre la main, et il sort sans rien dire.)

MONTRICHARD, à la comtesse, qui a son mouchoir sur les yeux.

Pardonnez, Madame, à mon importunité, mais mon premier devoir est d'avertir M. le maréchal d'un événement de cette importance. Où trouverai-je ce qui est nécessaire pour écrire?

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