ACTE TIT, SCÈNE Y
LA COMTESSE
Je VOUS assure, monsieur le baron...
LÉONIE
Oh! oui, nous vous assurons...
MONTRICHARD
Alors^ c'est différent; et puisque vous m'assurez toutes deux que ce garçon est votre valet de pied... je ne l'interrogerai pas...
non... je ràrrète... (U remonte au fond.)
DE GRIGNON, bas.
Ah! comtesse...
LA COMTESSE, bas.
Tout va bien! nous sommes sauvés. La lettre... tirez laleltrc de votre poche...
DE GRIGKON, bas.
Comment?
LÀ COMTESSE, bas.
Et, rendez-la-moi.
MONTRTCHARD, à la comtesse.
Eh bien!... (Redescendani.) que dites-vous de mon idée?
LA COMTESSE, avec un embarras feint.
Je dis, je dis, monsieur le baron que c'est pousser assez loin la raillerie... et que vous ne me priverez pas d'un serviteur qui m'est utile...
M0>'TRICHARD.
C'est que j'ai dans la pensée qu'il peut m'être fort utile aussi...
LA COMTESSE, se rapprocliant de de Grignon.
Vous ne le ferez pas !
MONTRICHARD
Pourquoi donc?
LA COMTESSE, avec un embarras croissant et se rapprochant lonjours de de Grignon. Parce que... parce que... (Bas à de Grignon.) La lettre... (Haut.)
Parce que... cet homme est chez moi... est à moi... que j'en réponds... (Bas, à de Grignon.) La lettre, OU VOUS ÔtCS pcrdu ! (De Grignon lire la lettre de son habit et va pour la lui remutlre.)
MOMRICHARD, qui a tout suivi des yeux, s'approchant vivement.
Ce papier ! je vous ordonne de me remettre ce papier. Monsieur...
LA COMTESSE, avec l'accent le plus troublé, à de Grignon.
Je vous le défends !
iOÏ BATAILLE "DE DAMES
MONTRICHARD, vivement.
Toute résistance serait inutile... Monsieur... ce papier...
DE GRIGNON
Le voici. Monsieur.
LA COMTESSE, se cachant la tête dans les deux mains.
Le malheureux, il est perdu!
DE GRIGNON, à part.
J'aimerais mieux être ailleurs !
MONTRlCHARDj lisant l'adresse, puis le commencement de la lettre.
« A Monsieur Henri de Flavigneul! Mon cher fils...» [u s'arrête,
cesse de lire, remet la latre à de Grignon, Avec solennité. ) « MonsicUr Henri
« de F.avigneul, au nom du roi et de la loi, je vous arrête.»
(Il remonte au fond.)
LÉONIE, qui a tout suivi, poussant un cri de joie.
Ah!... quel bonheur!
LA COMTESSE, bas, à Léonie.
Pleure donc!...
MONTRICHARD, au dragon.
Emparez-vous de Monsieur.
LA COMTESSE
Monsieur le baron, je vous en supplie...
MONTRICHARD
Je ne connais que mon devoir. Madame. (Au dragon.) Conduisiez Monsieur dans la pièce voisine... constatez son identité, sa déclaration suffira, et après, vous connaissez mes instructions...
(Le dragon fait signe que oui.)
DE GRIGNON
Que voulez-vous dire?
MONTRICHARD, à de Grignon.
Adieu, brave et malheureux jeune homme, croyez que vous emportez mon estime... et mes regrets...
DE GRIGNON
Permettez... Monsieur... permettez!...
MONTRICHARD, au dragon.
Emmenez-le...
DE GRIGNON
OÙ donc ? (La comtesse lui serre la main, et il sort sans rien dire.)
MONTRICHARD, à la comtesse, qui a son mouchoir sur les yeux.
Pardonnez, Madame, à mon importunité, mais mon premier devoir est d'avertir M. le maréchal d'un événement de cette importance. Où trouverai-je ce qui est nécessaire pour écrire?