MONTRICHARD, DE GRIGNON
MONTRICHARD
Pauvre jeune homme!... heureusement son salut dépend encore de lui.
DE GRIGNON, à part.
Je ne suis point à mon aise.
MONTRICHARD, à de Grignon,
Approchez, Monsieur.
DE GRIGNON
Vous désirez me parler, monsieur le itaron.
MONTRICHARD^ de même.
Oui, Monsieur, encore une fois avant le moment fatal.
DE GRIGNON, à part.
Quel moment !
MONTRICHARD, lui montrant le papier que lui a remis le dragon.
Vous avez reconnu que vous étiez M. Henri de Flavigneul?
DE GRIGNON^. avec un soupir.
Oui!
MONTRICHARD
Ex-of(icier au service de Fempereur?
DE GRIGNON
Oui!
MONTRICHARD
Et c'est bien vous qui avez signé celte déclaration?
DE GRIGNON, que la peur reprend.
Oui!
MOÎhTRICHARD.
Il suffit : je n'ai pas besoin de vous dire. Monsieur, que vous pouvez compter sur les égards, les prérogatives dus à un brave.
DE GRIGNON
Des prérogatives?...
MONTRICHARD
Oui... Si vous ne voulez pas qu'on vous bande les yeux, si même vous voulez commander le feu... Soyez sûr...
DE GRIGNON
Commander le feu!... qu'est-ce que cela veut dire?
Que malheurcusemeiit mes ordres sont formels. Vous avez été déjà jugé et condamné, l'arrêt est prononcé! il ne me reste plus qu'àrexccutcr ! (Gravement.) Une houve après leur arrestation, tous les chefs doivent être fusillés sans délai et sans bruit.
DE GRIGNON, hors de lui.
Sans bruit !... oh! non pas!... j'en ferai du bruit... moi!... on ne fusille pas ainsi les gens... sans bruit est charmant!
MONTRICHARD
Écoutez-moi , Monsieur...
DE GRIGNON
Sans bruil!...