ACTE III, SCÈNE XV
LEONIE, avec joie.
Ah!
MONTRICHARD
Mais, avant de partir, je tiens à vous prouver que je ne me vantais pas en disant que cette dépèche pouvait ramener en mon pouvoir M. de Flavjgneul.
LÉONIE, à part.
Je tremble !
LA COMTESSE, à part.
Que veut-il dire!
Cette dépêche est Tordonnance que je sollicitais depuis si longtemps, Tordonnance d'amnistie...
TOUS, poussant un cri de joie.
L'amnistie !
LA COMTESSE ET LÉONIE, s'écarlant du canapé où est assis Henri.
11 peut donc se montrer...
HENRI, se levant.
Ah! Monsieur!
MONTRICHARD, avec un air de triomphe.
Ah ! j'étais bien sûr que je le ferais reparaître.
LÉONIE
Ciel !
DE GRIGNON
C'était un piège; et nous y avons donné... (Tous restent immnbiKs de (erreur. M. de Montrichard s'avance au bord du théâtre et sourit à lui-même avec un air de satisfaction. La comtesse s'anproche doucement de lui, le regarde, saisit ce soutire el fait un geste de joie qu'elle réprime ausiilôt.)
MONTRICHARD
Monsieur Henri de Flavigneul... au nom du roi et de la loi, je vous déclare...
LA COMTESSE, s'avançant et riant.
Ju VOUS déclare libre et et gracié...
TOUS
Comment ?
LA COMTESSE, gaiement.
Eli ! sans doute ! ne voyez-vous pas que M. de Montrichard veut prendre sa revanche, et qu'il joue là une scène de terreur à mon usage.-.
LÉOMIE.
Il serait vrai I
LA COMTESSE^ prenant le papier des mains de Montrieliard,
Tenez!... lisez!... Ordonnance d'amnistie...
MOISTRICHARD.
Maudite femme ! On ne peut pas plus la tromper en bien qu'en mal !
LÉONIE, à la comtesse,
Et maintenant, tous trois réunis...
LA COMTESSE
Oui, ma fille!... mais plus tard... car aujourd'hui je dois partir.
LÉONIE
Partir !
DE GRIGNON
Vous partez?... eh bien, je pars aussi ! Oh! vous avez beau dire ! je pars! c'est fini! je vous suis! Rien ne m'arrête! je vous suis jusqu'au bout du monde! et, chemin faisant, j'accomplirai devant vous de si belles choses, que vuus finirez par vous dire : Voilà un pauvre garçon dont j'ai fait un héros... faisons-en un homme heureux!
LA COMTESSE
Ne parlons pas décela !... (Passant près de M. do Monirichard.) Eh blcn, baron ?
MONTRICHARD
J'ai perdu... madame la comtesse ! Je suis vaincu !
LA COMTESSE, avec émotion.
Vous n'êtes pas le seul! (Afïeciant la gaieté.) Que voulez-vous, baron ? pour gagner, il ne suffit pas de bien jouer !
MONTRICHARD
Il faut avoir pour soi les as et les rois.
LA COMTESSE, à part, regardant Henri.
Le roi surtout !... dans les batailles de dames. y<
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