ACTE III, SCÈNE II
ALBERTj se retournant Ters elle.
Merci î merci ! ce n'est rien ! . . .
CORINNE, vWement.
Non, cela ne se passera pas ainsi... car on vous aime, j'en suis sûre!
ALBERT, se levant vitement.
Que dites-vous?
DESGAUDETS, à psfw
I,e voilà revenu !
CORINNE
Wle me l'avait avoué... à moi-même! et bien plus, ce comte de Marignan qu'elle épouse... ell«^. ne peut le souffrir
ALBERT, avec joie
Est'il possible!
DESGAUDETS.
Et pourquoi alors?...
CORINNE, ayec chaleur.
C'est un mystère inexplicable... que j'expliquerai. Une péripétie, un roman, une intrigue'... Je suis chez moi, dans mon centre... et dussé-je me compromettre...
DESGAUDETS, cherchant à la modérer.
Ma fille !
CORINNE
Voilà comme je suis!
ALBERT^ à Corinne.
0 cœur trop généreux!... loin de m'en vouloir du bonbeur que j'ai refusé et me connaissant à peine, vous m'offrez l'amitié d'une sœur?... Ah! quoiqu'en di.se M. votre père, il y a encore des âmes nobles et désintéressées !
CORINNE, avec exallalion.
Oui! parmi nous seulement! dans les arts et dans la poésie!... 0 sainte amitié ! inspire-moi ! donne-moi les moyens de punir ce traître... ce Marignan... que je. déteste autant que je l'aimais!
DESGAUDETS, étonné.
Toi! (A pari.) 0 sainte amitié... je te comprends maintenant!
CORINNE, de même.
Oui, mon père, oui! je me croyais tellement sûre d'être comtesse ! depuis six mois il m'accablait de déclarations en vers que j'ai reçues... que j'ai lues!
DESGAUDETS.
Que tu as lues?
CORINNE
Toutes.
DESGAUDETS^ avec compassion.
Ma pauvre fille ! comment aussi vas-tu croire à des vers?... Toi qui eu fais! ne sais-tu pas que la divine poésie est Tennemie née de la vérité... c'est le puff... descendu de FOlympe!
CORLNNE.
Pourquoi alors me tromper ? pourquoi me faire la cour ?
DESGAUDETS.
Ce n'est pas à toi qu'il la faisait ! mais à tes articles dont il a peur! aux immortels, tes amis, dont il a besoin et qu'il trouve réunis dans ton salon!
CORINNE
S'il en est ainsi, ma vengeance ne se fera pas attendre, et déjà, dans la revue qui paraît ce matin, j'ai déchiré avec délices et impartialité cette réputation qu'il nous doit! Mais ce n'est rien encore, j'empêcherai son mariage,
DESGAUDETS, secouant la lète.
Prends garde... prends garde!... Il est bien haut placé.
CORINNE
Ce sont ceux-là qui ont le plus peur... de~ tomber! que je sache seulement par quelle ruse il a fasciné et séduit Antonia...
DESGAUDETS.
La voici!... cela me regarde!