ACTE III, SCÈNE IV
CORINNE
Quoi!... si la rupture venait de lui...
ALBERT, vivement et voyant le geste affirmatif d'Antonia.
Je n'en demande pas davantage.
ANTONIA, effrayée.
0 ciel ! ... que voulez-vous faire ?
ALBERT
Ce soir vous serez libre ou je ne serai pas témoin de votre mariage... car sa vie ou la mienne...
ANTONIA, liors d'elle-même.
Et moi je vous défends un éclat qui nous perdrait. Il faut que sans se brouiller avec mon frère, M. de Marignan renonce de luimême...
CORINNE
A ce mariage?
C'est impossible!
CORINNE
Et pourquoi donc?... il s'agit de chercher... de trouver, c'est de l'imagination... cela me regarde...
ALBERT, vivement.
Et VOUS espérez inventer...
CORINNE
Certainement!
ALBERT
Un moyen neuf.
CORINNE
Non pas! le neuf est dangereux... mais avec du commun on est toujours sûr de réussir! et si je connais M. de Marignan, de toutes tes vertus, celle en qui il a le plus de confiance, c'est ta dot... et si l'on pouvait lui inspirer le moindre doute sur cette vertu-là...
ALBERT
Est-ce que cela se peut !
ANTONIA
Avec lui qui est si adroit...
CORINNE
Sans cela, où serait le mérite?... mais sois bien persuadée que si tu avais, j'ignore comment, le bonheur de perdre tout ou partie, du million qui rehausse tes charmes... les idées de M. de SJarignan se trouveraient soudain modifiées... ou changées; T. m. 4
c'est de tous les temps... c'est le dénoûment des Femmes savantes, cela me va à moi... femme de lettres!
AMOMA.
Par malheur, M. deMarignan n'est pas un Trissotin.
CORINISE.
Exiérieurement, non. La forme change ! Les trissotins de nos jours ont plus de savoir faire, plus de tenue, plus d'importance... ils sont éligibles, ou mieux encore!... mais c'est la même famille... cela ne nous regarde pas... je ne songe qu'à mon plan... laissez-moi tous deux !... (a Aiheri.) D'ailleurs... je vous verrai ce soir... à ce diner... (a Antonia.) où il est invité.
ALBERT
Et qi^e je refuse.
CORINISE.
Non, vraiment...
ANTONIA
Elle a raison... Je vous prie, Monsieur, doue rien faire... qui puisse donner à penser ou attirer l'attention...
CORINNE, à demi-voix.
Oui, oui... et puis elle désire que vous y veniez, vous le voyez bien.
ALBERT, vivement.
Ah ! s'il est vrai !
CORINNE, lui iiionlranl Antonia qui baisse les yeux.
C'est sûr... partez!
Et la veuve de mon général... Ah! vous me feriez tout oublier...
CORINNE, saluant de la uiain Antonia qui sort par la porte à gauche et Albert qui sort I ar le fond.
Adieu ! adieu!...