‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 50 sur 353 · ACTE ITI, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE ITI, SCÈNE VI

je, mon fanatisme, sm^vit à tout autre sentiment!... car l'amonr passe, mais le talent reste!... Le génie est impérissable!... il est impérissable, le génie!... (a pan.) El la flatter encore! .. moi qui exècre les bas-bleus... moi qui les ai toujours détestés! (Haut.) Écoutez-moi. CiOrinne!...

CORINNE^ qui s'est assise à droite.

Vous allez me tromper...

LE COMTE

Non. Vous connaîtrez Terreur qui m'a égaré! et moi aussi je vous aimée... vous, la fille des arts et de la poésie : mais croyant que"cette âme pure, céleste, éthérée, ne tenait point aux choses d'ici-bas... mon amour était un culte, une religion, je vous adorais comme on adore la Divinité, la muse chaste et sainte, que j'aurais cru offenser par des transporis humains... et persuadé que vous ne vouliez être aimée qu'ainsi...

CORINNE, se levant.

Eh ! qui vous l'a dit, Monsieur?

Ah ! si je l'avais su ! si j'avais snupçoimé que cette âme divine ne dédaignait pas une ardeur terrestre...

CORINNE, vivement.

Vraiment?

LE COMTE

Nous étions nés l'un pour l'autre ! tout semblait nous réunir, mêmes goûts... même âge... (Se reprenant } Je veux dire : mêmes sentiments... même fortune... (se troublant.) Et il est trop tard!

CORINNE

Pourquoi donc?

LE COMTE

Des engagements sacrés... avec un ami!

CORINNE

Mais ces engagements... quels sont-ils, expliquez-vous?

LE COMTE, avec embsiras.

Pour mon malheur, je ne le puis!

CORINNE

Qui vous en empêche?... parlez, répondez!...

UN DOMESTIQUE, annonçant.

Monsieur Bouvard!

LE COMTE, vivement.

Moii libraire!... qui nîedem:.nde!

66 TE rUFF.

LE DOMESTIQUA

Non, c'est à Mademoiselle qu'il désire parler.

LE COMTE, vivement

Raison de plus! ce bon Bouvard... que je ne le prive pas de Thonneur qu'il attend.

CORINÎNE, avec un dépit concentré.

Ahl il vous tarde déjà... de me quitter.

LE COMTE, vivement.

Non !... non... je reste... j'attends votre père... pour ce fatal contrat... pour ce bonheur auquel je me résigne, tout cri espérant encore quelques obstacles.

C0R1>]SE, avec aiiierlume.

Qui ne vous manqueront pas, monsieur le comte.

LE COMTE, levant les yeux arec mélancolie et sensibilité.

Plùt au ciel !... mais tout semble m'abandonner, et je vous le demande à vous-même, que me restera-t-il maintenant?

CORINNE

Moi, Monsieur, moi, dis-je... et ma plume!... ah! vous ne connaissez pas celle qui vous aimait tant! elle peut vous détester, monsieur le couite, elle peut vous haïr. . mais vous abandonner I... jamais!... (Elle son par la porte à gauche.)

Page 1