‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 55 sur 353 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les précédents^ CORINNE et ALBERT, entrant par la porte du fond, puis BOUVARD, derrière eux.

CORINNE, bas, à Albert qui lui donne la raain.

Allons! n'allez-vous pas vous effrayer... parce que le notah'e est là. Rassurez-vous? cela ne prouve rien encore.

DESGAUDETS, à sa fille.

Qu'est-ce donc?

Monsieur le notaire.

DESGAUDETS, vivement et comme se rappelant.

C'est vrai !

LE COMTE

Le notaire!... (Apari.) A mon tour!

DESGAUDETS.

Cesl l'heure où nous l'avions prié de venir, mais en ce moment...

CORINNE ET ALBERT, avec joie.

0 ciel !

DESGAUDETS, regardant Antonia et le comte.

Je pense... que sa présence serait inutile,

LE COMTE

Et pourquoi donc?... veuillez, mon cher Bouvard, le prier d'entrer!

DESGAUDETS.

Comment?

ANTONIA, d'un air gracieux.

C'est juste! pour lui faire nos excuses de l'avoir d(rangé. (S'approchaiit du comte.) Jc compreiids, mousieilr le comte, qu'après un tel désastre... il est impossible de donner suite à nos projets d'union...

CORINNE, à Albert.

Que dit-elle?...

ANTONIA

Et riioniieur même me fait un devoir de vous rendre votre parole.

ALBERT, bas, à Corinne.

0 bonheur!... (Pendant les phrases précédentes Bouvard est rentré avec la notaire.)

LE COMTE, passant au milieu du tiiéâtre.

Messieurs, un événement imprévu, un malheur de famille, dont les détails seraient superflus et sur lequel je garde le si* lence; un malheur, dis-je, vient do frapper ma belle et noble fiancée... j'apprends par M. Desgaudets, le subrogé-tuteur, que sa pupille vient de perdre une partie de sa fortune...

CORI^NE, ba?, à son père, avec joie.

Ruinée !... bravo; Antonia vous avait raconté mon plan...

DESGAUDETS, de même.

Mais du tout...

CORINNE, de même.

Alors, c'est donc de vous-même!

DESGAUDETS, étonné.

Quoi donc?

CORINNE, avec approbation et lui faisant signe de se taire*

C'est bien! c'est très-bien!

LE COMTE, qui a toujours observé du coin de l'œil, le père et la fille, se dit à pari.

Ils s'entendaient! (a voix haute et avec noblesse.) Mcssicurs... je demande qu'aujourd'hui, à l'instant même, on signe le contrat.

TOUS

Est-il possible ! (Pendant ce temps des domestiques ont apporté la table, au milieu du tliéâlre et derrière les acteurs.)

LE COMTE, se retournant vers le notaire et lui montrant la table.

Monsieur le notaire, mettez-vous là de grâce ! il me tarde de prouvera ceux qui pourraient mal méjuger (Regardant Corinne) que, pour moi, les richesses ne sont rien et que la foi jurée est tout.

BOUVARD, criant.

C'est admirable!... c'est du dernier beau! (Aiennne.) N'est-ce pas... chez cet homme-là... toutes les grandes pensées viennent du cœur!

CORINNE, à part

C'est à confondre!

BOUVARD

Demain tout Paris le saura!

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