ACTE TV, SCÈNE Vf
BOUVARD
Précisément!... il compose dans ce moment la lettre de rupture.
CORINNE, poussant un cri de joie.
Ah ! (Courant près du comte.) Cc quc jc vicns d'apprendre. Monsieur, est-il possible?
LE COMTE
J'écris à M. de La Roche-Bernard.
CORINNE
Mais alors... ce que vous me disiez... ce matin, était donc vrai?...
LE COMTEj avec sentiment.
Vous n'avez jamais voulu me croire... je n'ai rien à vous répondre ! mais on verra un jour peut-être de quel côté était Taffection sincère et véritable... non pas que je m'abuse sur les dangers de ma résolution et sur les railleries auxquelles je m'expose... Fais ce que dois, advienne que pourra... et dùl-on m'accuser de manquer à mes serments...
CORINNE
Ce ne sera pas Antonia, je vous le jure !... au contraire... elle vous défendra... et moi aussi. Elle vous remerciera et vous devra sou bonheur.
LE COMTE
Que dites-vous?
CORINNE
Qu'elle en aime un autre !
LE COMTE
Vous en êtes certaine?...
CORINNE
Je vous le jure...
LE COMTE, s'élançant vers elJe.
Ah ! Corinne !... Corinne !... vous me sauvez la vie... vous êtes ma protectrice... mon ange gardien...
CORINNE
Une telle joie... cet air de contentement... mais je vous ai donc méconnu...
LE COMTE
Ah ! vous n'êtes pas la seule... (a part.) Elle en aime un autre... Quel bonheur!... ce moyen-là vaut bien mieux que le premier...
qui n'était pas sans danger... (Courant à la lable el déchirant une lettre qu'il vient d'écrire, et en commençant une autre.) « MademoiSL'lIc. .. ))
CORINNE
Que faites-vous?...
LE COMTE
Elle avait une inclination... et vous ne me Vavez pas dit!... Ah ! cruelle amie!... que de tourments vous nous auriez épargnés à tous...
CORirSNE.
Mais décidément... c'est donc la vérité?
LE COMTE, levant les yeux au ciel.
Elle en doute encore!... (Écrivant avec agitation ) «Mademoiselle... « je vous ai prouvé, ainsi qu'à M. votre frère... que les plus « grands sacrifices ne me coûtaient rien. »
BOUVARD
C'est vrai !
LE COMTE
« Il n'en est qu'un seul dont je me sens incapable, c'est celui « de votre bonheur, et s'il est vrai, comme on me l'atteste, que « votre cœur ait parlé pour un autre... w
BOLVARD, près du comte et essuyant une larnie.
C'est admirable !... et l'article peut rester... Il n'y a que quelques mots à changer.
CORINNE, à part, avec joie.
Enfin!... donc nous remportons! (Apercevant Albert qui parait à la
porte.) Ah ! Albert !