‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 75 sur 353 · ACTE IV, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE XI

TOUT LE MONDE

Chut!...

Le récit d'une expédition dans l'Atlas, et d'un combat livré par le général Saint-Avold.

ALBERT, qui juêque-là est resté plongé dans ses réflexions, lève la tète à ce mot, et dit à

part.

Mon général... qu'est-ce que c'est?

DESGAUDETS

Cela doit être pittoresque I

LE COMTE, lisant.

« Cerné de tous les côtés par dix à douze mille Arabes et sans « espoir possible d'être secouru, le général avait passe une nuit « horrible. Il ne lui restait plus que deux seuls escadrons de « tout son régiment (troisième dragons).

BOUVARD

C'est palpitant d'intérêt!

LE COMTE

« La lune s'élevant au dessus des noirs rochers, reflétait ses « rayons sur les cimes de l'Atlas, lesquelles, se déroulant comme « un blanc et immense linceul, semblaient, pour frapper l'ima- « gination de nos vieux soldats, leur rappeler au milieu de « TAfrique, les plaines glacées de la Russie! »

BOUVARD

Comme c'est écrit! comme c'est académique! quel style!

CORINNE

Pour de l'histoire.

BOUVARD

Et ce n'est que de l'histoire !

MAXENCE

Ce n'est que de la prose !

BOUVARD

Mais quelle prose !

DESGAUDETS,

On dirait des vers!

CORINNK.

Il y en a!

DESGAUDETS.

Bah!

CORINNE

Il ne lui restait plus que deux seuls escadrons. De tout son régiment^ troisième de dragons!

BOUVARD

C'est vrai !... cela lui a échappé !

MAXENCE

C'est plus fort que lui.

CORINNE

« Même quand l'oiseau marche, on sent qu'il a des ailes ! »

BOUVARD

Mais comme la pensée s'élève... comme elle s'élance et se précipite impétueuse...

On dirait d'une charge de cavalerie !

CORIiNNE.

Troisième de dragons ! c'est admirable! 1!

TOUT LE MONDE

C'est délicieux!... délicieux! ravissant!

LE COMTE, s'inclinant.

Trop de bontés... trop d'indulgence...

TOUS

Achevez, de grâce?...

LE COMTE

«Le général aperçut alors toute la tribu des Beni-Ballaboud. »

ALBERT, à part el écoulant,

C'cFt s'ingulier!

LE COMTE

« Campée au bord d'un torrent qui se précipite dans la vallée et devient la Mahoura...

ALBERT, qui jusque-là a écoulé avec des marques d'impatience, quitte la table à gauclie sur laquelle il s'appuyait et fait quelques pas vers le comte.

Ah ! c'est trop fort !

CORINNE, qui a observé Albert, se lève du canapé,

Qu'avez-vous donc ?

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