ACTE V^ SCÈNE VU. i
ALBERT
Pour la famille de mon général, pour sa veuve, pour sa mémoire que je respecte et que j'honore, je ne dois point laisser s'accréditer de pareilles impostures. Je dois déclarer faux et apocryphe... un ouvrage...
BOUVARD
Qui est passé à Tétat de chef-d'œuvre! et quand nous sommes... riches, glorieux, considérés...
ALBERT
Et voilà justement ce qu'il faut flétrir. Voilà les idoles qu'il faut renverser du piédestal. Oui, dans ce siècle de fourberie et de mensonge, dans ce temps où chacun se déguise, j'arracherai les masques... rien ne m'arrêtera! rien ne m'empêchera de crier la vérité... dussé-je, avec Boileau :
Faire dire aux roseaux par un nouvel organe : Midas, le roi Midas a des oreilles...
BOUVARD, criant avec force.
Et moi, Monsieur, moi, que vous ruinez!
Vous!
BOUVARD
Moi qui ai vendu à M. le comte ces Mémoires comme authentiques, moyennant vingt mille fraî;cs que je serai obligé de lui rendre. Vous voyez bien que ce serait impossible... nous y jierdriuns tous... et je suis chargé de prendre avec vous tous les arrangements que vous désirerez... et qui vous conviendront... (A Toix basse-) Oui, Mousicur... on consentira aux plus grands sacrifices.
ALBERT, avec force.
Assez, Monsieur!... (Avec ironie et regardant Desgandets.) EuCOrC UU
usage de nos jours, n'est-ce pas? Vouloir m'acheter... à prix d'argent... (Se retournant vers Bouvard ) Vous VOUS trompez, Monsicur, je suis soldat... je ne me vends pas '... Adieu !... (ii fait que.ques pas
pour sortir.)