ACTE III, SCÈNE VII
mais, hélas! je n'ai encore rien trouvé. (Avançant la tète.) Que vois-je? Gaveston! Écoutons, et ne nous montrons pas. (Elle
referme le panneau et disparait. )
GAVESTON, redescendant le théâtre.
Eh bien ! qu'avez-vous à m'apprendre?
MAC-IRT0>.
D'importantes nouvelles! 11 faut vous hâter, ou vous êtes perdu : le fils de vos anciens maîtres, Julien, comte d'Avenel, a reparu en Angleterre.
GAVKSTON.
Qui vous l'a annoncé?
MAC-TRTON.
Une lettre de Londres, et des titres authentiques que nous ne pouvons révoquer en doute. Vous savez qu'il y a une douzaine d'années, Julien d'Avenel fut confié à un serviteur de son père, Duncan, un Irlandais que vous connaissez.
GAVESTON
Oui. Après?
MAC-IRTON.
On lui avait remis une somme considérable pour conduire cet enfant en France et l'y faire élever secrètement; mais, loin de suivi'e ses instructions, Duncan s'était embai'qué pour l'Amérique, et s'était approprié cette somme.
GAVESTON
Eh bien?
MAC-IRTON.
Eh bien! ce Duncan, de retour en Angleterre, a signé, il y a qiiinze jours, dans l'hospice où il est mort , une déclaration devant témoins portant que Julien, comte d'Avenel, son ancien élève, servait maintenant dans un régiment d'infanterie.
GAVESTON
Eh bien! qu'importe?
MAC-IRTON.
Comment, qu'ùnporte? Il sert sous le nom de Georges Brown.
GAVESTON
Ociel!
MAC-IRTON.
Compreiioz-vous maintenant? c'est lui qui, ce matin, a surouclRii, et vous devinez dans quelle intention?
GAVESTON
Non, VOUS vous trompez; rien n'est encore désespéré, car il ignore et son nom et sa naissance.
MAC-niTON.
Il se pourrait?
GAVESTON
iMais il ne peut pas payer. 11 n'a rien, aucunes ressources : il me l'a avoué lui-même; et quand je serai propriétaire du cliAlcau et du titre de comte d'Avenel, peu m'importe alors (]ue Georges Bi'own soit reconnu pour un descendant de l'ancienne famille : je le lui apprendrai moi-même s'il le faut.
MAC-IRTON.
Vous avez raison.
GAVESTON
L'important est de se presser, venez tout disposer. (lU sortent
sur la ritournelle de l'air suivant.)