SCÈNE Y
LE PRINCE DE NEUBOURG, LINSBERG, à la table, écrivant, WI-
LHE.M, entrant par une des portes du foud et tenant une corbeille de fleurs.
LE PRINCE
Ah! c'est toi, Wilhem; attends-moi. (Allant i Liusberg.) Allez
toujours, je suis à vous; surtout rien do langoureux, parce que ce n'est pas mon genre.
M. DE UNSBERG.
J'aimerais mieux que Votre Altesse daignât me dicter.
LE PRINCE
Non : j'ai beaucoup plus de confiance dans vos talents que dans les miens. J'oubliais de vous dire que la princesse m'avait demandé ce matin un moment d'entretien.
M. DE LINSBERG.
Oui, je le sais.
LE PRINCE
Vous pouvez lui rappeler cela, (a wiihem.) Eh bien! mon garçon, mes ordres sont-ils exécutés?
WILHEM
Vous le voyez , Monseigneur ; et certainement des bouquets comme ceux-là dans cette saison, il y a de quoi faii-e de l'honnem- à un jardidier.
LE PRINCE
C'est toi qui es le jardinier du château?
WILHEM
Non, Monseignem-, je ne suis encore que sous-jardinier, et je venons demander à Votre Altesse s'il n'y a pas moyen de supplanter sti-là qui est en chef et de me mettre à sa place.
LE PRINCE
Ah! tu as de l'ambition?
WILHEM
Oh ! une ambition d'enragé! ça, je peux ben m'en vanter; j'en ai comme un chambellan; v'ià pas plus de quinze jours que maître Pierre m'a fait entrer dans les potagers de Son Altesse, et je voudrais déjà me pousser dans les jai'dius d'agi-ément, les cascades, les labyrinthes, parce qu'il n'y a que cela pour arriver.
LE PRINCE
Oui, je vois que tu es pom- les chemins tortueux; car il me semble que ce maître Pierre qui t'a fait enti*er ici est celui que lu voudrais supplanter.
WILHEM
Comme de juste! v'ià quinze ans qu'il y est, et moi j'arrivons, c'est à mon tour.