ACTE U, SnÈNE VII
LE PRINCE
Réponse? je n'en sais rien. Eh mais! je n'y avais pas pensé. Il faut savoir ce que je demande. (Rouvrant la lettre.) Voyons. Hum! hum! il me semblait d'abord qu'il y en avait plus long. (Lisant.) «. Gràce, grâce, Madame; si vous saviez combien je vous « aime, et combien je suis malheureux de vous avoir déplu ! » De vous avoir déplu! Voilà de ces phrases que je craignais, et dont je lui parlais tout à l'heure ; ça ne dit rien, et ça ne va pas au fait, (continuant.) a Si je ne vous suis pas le plus indiffé- « rent des hommes, si notre union ne vous est pas odieuse, dai- « gnez m'accorder, après le bal, un instant d'entretien. » (n s'arrête étonné.) Hein ! moi qui lui reprochais d'être trop respectueux! il me semble, au contraire, qu'il me fait aller un peu vite. (Continuant.) « Si VOUS accueillez ma demande, laissez tom- « ber tantôt votre bouquet devant moi, et je comprendrai que « Louise me pardonne. » Allons, allons, voilà qui est plus galant; parce qu'au fait, ce bouquet qiù servira de réponse... C'est assez hardi, mais ce n'est pas mal, je suis content de mon secrétaire. Après tout, qu'est-ce que je risque? La princesse m'avait demandé un entretien; c'est celui-là que je lui indique; et si on me refuse, si, comme je le crois bien, le bouquet reste en place, nous serons aussi avancés qu'auparavant; nous en serons quittes pour continuer une guerre d'observation. (Remettant la lettre dans le bouquet et le donnant à Wilhem.) Le SOrt
en est jeté. Tu attendras ici la princesse sur son passage, et tu lui remettras ce bouquet sans rien dire.
WILHEM
Oui, Monseignem".
LE PRINCE
Et il n'y a pas de réponse.
WILIIEM.
Non, Monseigneur. Et tenez, je croyons que v'ià Son Altesse qui veniont de ce côté.
LE PRINCE
Eh, mon Dieu ! déjà! Et le grand-duc qui m'attend; com'ons
le rejoindre, (il sort par la porte à droite des spectateurs.)