MILORD, PAMÉLA, MATHÉO, ZERLINE
MILORD
Il avait l'air bien ému, le brigadier. Ce Fra-Diavolo, il effrayai! tout le monde.
iVUTHÉl>.
Vous vous trompez, Lorénzo n'a p^^ de rien. 11 a servi dans l'armée d'Italie avec les Français; c'est un brave garçon qui n'a qu'un défaut.
PAMÉLA
Et lequel?
MATHÉO.
11 est amoureux, et n'a pour s'établir que sa paie de soldat, et des coups de fusil en perspective.
MILORD
Ce n'était pas assez pour vivre.
MATHÉO.
Sans cela je n'aurais pas demandé mieux. ( Regardant sa fiUe. ) Mais il faut de la raison... Allons, Zerline, serrez ces verres, ces bouteilles.
MILORD
Je bavais envie de donner du courage aux gens du pays avec des guinées! (s'avançant vers Mathéo.) Mcssié l'hôtesse, voulez-vous rédiger une pancarte où je promettrai de l'argent beaucoup à celui qui rapporterait à nous ce que nous avons perdu ?
MATHÉO, se mettant à table à droite, et écrivant pendant que Milord lui dicte à voix basse.)
Volontiers.
PAMÉLA, observant Zerline qui a été s'asseoir dans un coin à gauche.
Miss Zerline pleurait? elle avait du chagrin?,..
ZKRLINE , essuyant ses yeus.
Moi! Madame, pas du tout.
2?)C PRA-T)IAVOLO.
PAMKI.A.
Yos, je m'y connaissais. La pelile brigadier, il avait \rmc6 i vous un regard qui disait : Oli! je vous aime beaucoup!
ZERLINE, effrayée.
Madame !
PAMÉLA
Ce était bien. Ce était si joli les mariages d'inclination!
(Tendrement.) N'est-ce pas, Milord? (Voyant qu'il ne répond pas, et avec colère.) Milofd?
MILORD, de l'autre côté, occupé avec Mathéo.
Vous voyez que j'étais occupé, et vous tourmentez moi. Je faisais la pancarte poiu' le récompense, (a Mathéo.) Vous avez écrit que je promettais trois mille francs?
PAMKI.A.
Ce était pas assez ! mettez dix mille francs. L'écrin il en valait trois cent mille! et s'il était perdu, ce était la faute à vous, qui avez voulu prendre le chemin de traverse,
MILORD
Pom- éviter ce cavalier si élégant qui nous suivait partout, et qui s'arrêtait toujours dans les mêmes auberges.
PAMÉLA
Je pouvais pas empêcher lui de faire le même route.
MILORD
Vous pouviez empêcher vous de le regarder et de chanter, comme hier au soir, ce petit barcarolle qui amusait pas moi du tout.
PAMÉLA, avec humeur.
On peut faire le musique?
MILORD
Vous faisiez pas le musique, vous faisiez le coquetterie avec lui.
PAMÉLA
Moi ! le coquetterie !
MILORD
Yes, Milady : je l'avais vu, et je déclare ici que je ne voulais pas.
PAMÉLA
Vous ne voulez pas?
MILORD
C'est-à dire, je voulais bien, mais je ne voulais pas! entendons-nous! (pendant les couplets suivants, Mathéo et Zerline vont placar-