LA PRINCESSE, M. DE LINSBERG
LA PRINCESSE
Quoi! c'est VOUS, mon ami! Comment an-ivez-vous ainsi? On ne vous a pas remis la clé de ce pavillon ?
Quelle clé?
\A PRINCESSE
Celle que mademoiselle de Wedel vous a envoyée de ma part.
M. DE LINSBERG.
Du tout : je n'ai rien reçu, et je ne savais comment parvenir jusqu'à vous, lorsque j'ai pensé que le froid excessif avait dû geler le lac qui s'étend jusque sous vos fenêtres : je me suis hasardé à le traverser, et je suis arrivé jusqu'ici sans accident, et sans que personne m'ait aperçu.
LA PRINCESSE
Voyez donc, mon ami, quelle imprudence ! Si la glace avait fléchi sous vos pas, si vous aviez com'u le même péril que celui auquel vous m'avez arrachée ce matin ! Ernest, promettez-moi de ne plus vous exposer ainsi.
M. DE LINSBERG.
Rassurez-vous, aucun danger; mais quand il y en aurait eu, que n'aurais-je pas bravé pour vous voir un seul instant, pour entendre de votre bouche mon pardon!
LA PRINCESSE
Mon ami, que tout cela soit oublié ; j'ai tant de choses à VOUS dire!
M. DE LINSBERG.
Oui, n'en parlons plus. Mais, convenez-en vous-même, Louise, ne m'avez- vous pas rendu bien malheureux?
LA PRINCESSF..
. Et vous, n'avez-vous pas été bien injuste? Abuser de ma situation, me forcer devant toute la cour à vous dire des choses cruelles!... Oser me soupçonner, et bien plus, me le faire voir à moi qui ne peux me détendre, Ernest, est-ce bien généreux?
Mais encore, pourqxioi demander cette entrevue au prince de Neubourg?