SCÈNE IIL M. DE LLNSBERG, LE GRAND-DUC
C'est VOUS, mon cher Linsberg, je suis enchanté de vous voir.
M. DE LINSBERG.
Il est donc vrai que Votre Altesse a daigné oublier...
LE GRAND-DUC
Sans doute, hier même j'ai peut-être été trop sévère ; mais il s'agissait de ma fille, et porter atteinte au respect qu'on lui doit, c'est me blesser dans ce que j'ai de plus cher.
M. DE LINSBERG.
Moi, Monseigneur, jamais.
LE GRAND-DDC.
J'en suis certain.
M. DE LINSBERG.
Votre Altesse a-t-elle quelques ordres à rpe donner pour aujourd'hui ?
LE GRAND-DUC
Non, mon cher comte ; mais puisque nous sommes seuls, il faut que je vous consulte sur une aventu.re dont j'ai été le témoin et qui m'intrigue au dernier point. Cette nuit, je venais d'avoir avec ma fille ime conversation qui m'avait un peu
52 LA NETGE.
atiift', ot jo ne pmivnis dorniir. .]e me suis mis à ma foni^tre, et Joui il coup, sur 1(' uraiid lac, (jui ôlail ciitièiviiuMil couvert de neige, je crois apercevoir un houuiiv^ en haineau.
.\r. DE LINSBKBG, à part.
Grand Dieu !
LK GUANU-bt'C.
Conduit par deux femmes qu'il m'était impossible de reconnaître, mais dont je distinguais la taille élégante, les poses gracieuses et le vêtement blanc. Leur démarche était craintive, elles avançaient lentement et prêtaient l'oreille au moindre bruit. Arrivé à l'autre bord, le cavalier soit légèrement du traîneau , met un genou en terre, embrasse ses deux guides et disparaît.
M. DE I.INSBERG.
Et vous n'avez point reconnu!... (a part.) Ah ! je respire!